Le parti du président Mikhaïl Saakachvili devrait remporter une majorité de sièges au parlement lors des élections législatives de ce mercredi, sur fond de crise de plus en plus ouverte avec Moscou. La victoire du camp présidentiel pourrait cependant ne rien changer à l'instabilité de cette petite république du Caucase aux positions géographiques stratégiques, tentée par l'OTAN mais aux prises avec des séparatismes soutenus par la Russie.

Après des manifestations violemment réprimées à l'automne dernier et une victoire écrasante - mais contestée - lors de l'élection présidentielle du 5 janvier dernier, le héros de la Révolution de la rose, au pouvoir depuis janvier 2004, devrait facilement remporter le scrutin législatif. Son Mouvement d'unité nationale est crédité de 43% des voix selon le dernier sondage, contre 14% et 11% pour les principales formations d'opposition.

Problèmes ossète et abkhaze

Dans un pays où l'écrasante majorité de la population - et les partis d'opposition - soutient l'adhésion à l'OTAN, le résultat ne changera pas le cours diplomatique de cette petite république. Mais la Géorgie doit surtout compter avec les problèmes ossète et abkhaze, deux régions séparatistes soutenues par la Russie au sein même de son territoire national.

Le conflit abkhaze, particulièrement meurtrier au début des années1990, a connu un vif regain de tension durant les dernières semaines. Les autorités séparatistes accusent Tbilissi de se préparer à la guerre, tandis que la Russie menace à demi-mot de reconnaître l'indépendance du territoire où plus de 90% de la population possède un passeport russe. Pressurisée par Moscou, la Géorgie est également ouvertement séduite par Washington et Bruxelles, qui veulent, eux, s'assurer cette pièce maîtresse de la politique de contournement de la Russie pour la livraison de pétrole de la mer Caspienne et le gaz de l'Asie centrale vers l'ouest.

Mais pour ce scrutin législatif, l'instabilité pourrait bien survenir de l'intérieur. Après le triomphe de la Révolution de la rose, Mikhaïl Saakachvili se retrouve de plus en plus contesté, malgré la majorité qu'il devrait être en mesure d'obtenir ce mercredi.

L'opposition, qui avait déjà appelé à manifester contre les résultats du scrutin présidentiel de janvier dernier, promet de redescendre dans les rues si les urnes sont trop favorables au camp du président. Plus de mille observateurs sont d'ailleurs attendus, parmi lesquels 400 experts de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui devraient rendre leur rapport sur l'honnêteté du scrutin dès jeudi.