France

Elisabeth Borne remplace François de Rugy à l'Ecologie, après sa démission

François de Rugy a démissionné mardi, après de nouvelles révélations du site Mediapart. La nomination d'Elisabeth Borne au ministère de la Transition écologique «est une évidence» pour la porte-parole de l'Elysée

Décidé à éviter un nouveau feuilleton d'été désastreux, le président français Emmanuel Macron a choisi une solution éclair pour tenter de sortir au plus vite de l'affaire Rugy, en nommant la ministre des Transports Elisabeth Borne pour succéder au ministre de l'Ecologie démissionnaire. «Le président a souhaité que cela aille extrêmement vite», commente une source proche de l'exécutif, contrairement à plusieurs remplacements précédents qui avaient traîné en longueur.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire, déjà plombé par la démission surprise de Nicolas Hulot fin aout 2018, ne pouvait rester vacant trop longtemps, alors que son enjeu politique s'est encore accru avec la montée des Verts aux Européennes. En choisissant une remplaçante à l'intérieur du gouvernement, Emmanuel Macron évite le délai de plusieurs jours imposé aux nouveaux entrants par les vérifications de la Haute autorité pour la transparence de la vie politique.

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Englué depuis une semaine dans un feuilleton médiatique sur son supposé train de vie fastueux, photos de homards et champagne à l'appui, François de Rugy a démissionné mardi, peu avant la publication d'une nouvelle salve d'informations sur une utilisation contestée de ses indemnités parlementaires en 2013-2014. Emmanuel Macron a dit respecter la «décision personnelle» du ministre «pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement».

Titulaire d'un double portefeuille ministériel

La nomination d'Elisabeth Borne, 58 ans, dont le portefeuille était déjà placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, «est une évidence», a commenté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Le choix d'Elisabeth Borne n'illustre pourtant ni l'écologie politique ni un geste en direction des Verts. Ex-directrice de la RATP de 2015 à 2017, ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Ecologie en 2014, elle est « opérationnelle tout de suite pour défendre la loi énergie-climat» actuellement au Sénat, souligne une source gouvernementale. «Déterminée à poursuivre ce combat essentiel qu'est la transition écologique et solidaire. Au travail dès demain», a confirmée sur Twitter la ministre mardi soir.

Elisabeth Borne n'incarne pas spécialement les sujets écologiques, à l'inverse de François de Rugy ou de Nicolas Hulot. Mais «quand on parle de réchauffement climatique, la clé est dans les transports», souligne un conseiller de l'exécutif. Titulaire d'un double portefeuille, Elisabeth Borne n'aura pas le titre de ministre d'Etat comme ses deux prédécesseurs.

Mais «cela n'a aucune incidence sur la volonté du gouvernement de mener une action résolue en faveur de l'Ecologie», assure l'Elysée qui rappelle ses projets sur l'économie circulaire ou la récente création du Conseil de défense écologique.

L'opposition sceptique

Ce n'est pas l'avis de l'opposition: «Nommer à l'Ecologie celle qui s'apprête à remettre 25 000 camions sur les routes en fermant la ligne Perpignan-Rungis, c'est fort!», a aussitôt tweeté le Parti communiste français (PCF).

«Deux enseignements : le banc de touche de l'équipe Macron est terriblement pauvre. L'écologie est rétrogradée en 2e division en perdant son ministère d'Etat», a critiqué de son côté Julien Odoul (Rassemblement national, RN).

«Une excellente nouvelle pour la transition écologique et solidaire ! L'alliance des convictions et des compétences», s'est félicité au contraire le député La République en marche Aurélien Taché.

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