Il a fallu un terrain neutre et beaucoup de bonnes volontés. Jeudi à Genève, au siège de l'Union interparlementaire (UIP), des envoyés israéliens de la Knesset ont rencontré des membres du Conseil législatif palestinien (CLP). Voilà plus de trois ans, que ces deux institutions ne se parlaient plus. Sans l'implication et la discrétion des responsables de l'UIP et des membres du Manifeste (Mouvement pour une paix juste et durable au Moyen-Orient, basé à Genève), la rencontre serait sans doute restée lettre morte.

Le simple fait qu'elle ait eu lieu semblait déjà, hier en fin d'après-midi, un succès. Les participants – dont, côté israélien l'ancien président travailliste de la Knesset, Avraham Burg – sont convenus, après une journée de discussions de tenter de renouer les fils du dialogue. Chacun s'est engagé à mettre sur pied un groupe de travail chargé de réfléchir à une «infrastructure» qui permette aux députés israéliens et palestiniens de coopérer. Des contacts directs ne sont pas encore envisagés.

L'UIP a promis de jouer les intermédiaires et de créer les conditions d'une nouvelle rencontre à Genève, peut-être avant la fin de l'été. Car, malgré les 5 ou 6 km qui séparent leurs sièges respectifs, une réunion entre «voisins» est encore impossible, a souligné Jawad Tibi, représentant du CLP, relevant «le fossé considérable qui existe encore entre nos deux institutions». Avraham Burg a prévenu: pas question que les parlementaires «remplacent» les gouvernements, mais ils doivent travailler «en parallèle aux activités déployées pour la paix.»

Malgré le bon climat des discussions selon les organisateurs, les participants se sont montrés prompts à s'embraser lors de la conférence de presse, lorsqu'ils ont été interrogés sur le sort de Marwan Barghouti, un membre du CLP emprisonné en Israël. «A franchement parler, a d'ailleurs reconnu Avraham Burg, c'est très difficile» de renouer le dialogue. Mais, a-t-il conclu, «la solution de rechange est beaucoup plus effrayante».