tromperie

Embauchés comme figurants, des Canadiens se retrouvent dans une manifestation de soutien à Huawei

Une douzaine de personnes ont reçu entre 100 et 150 dollars canadiens pour attendre avec des pancartes la directrice financière de Huawei à sa sortie d'un tribunal à Vancouver. Elles croyaient participer au tournage d'un film

Des personnes qui pensaient avoir été embauchées comme figurants sur le tournage d’un film se sont retrouvées au milieu d’une véritable manifestation de soutien à la directrice financière du géant chinois de l’équipement télécoms Huawei à Vancouver (Canada), ont-elles raconté aux médias.

Une douzaine d’hommes et de femmes tenaient des pancartes à l’extérieur d’un tribunal lundi pour soutenir Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, qui contestait sa procédure d’extradition vers les Etats-Unis.

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Huawei nie tout rapport avec l’opération

«Libérez Meng, Justice équitable!», pouvait-on lire sur une pancarte. «Trump arrête de nous harceler», clamait une autre. Le groupe Huawei a indiqué n’avoir «aucun rapport avec les manifestants» et n’être «pas informé» du nom des organisateurs de la manifestation.

Ces manifestants avaient refusé parler à l’AFP. Mais certains ont été retrouvés par des journalistes canadiens et ont expliqué qu’ils avaient été payés entre 100 et 150 dollars canadiens (73 et 110 francs) pour deux heures sur ce qu’ils pensaient être un plateau de tournage. Ils avaient été approchés sur Facebook ou par des connaissances.

«Honnêtement, j’ai plutôt honte»

«Une reporter de CBC nous a approchés, moi et mon ami, et elle a commencé à nous interviewer. Et c’est à ce moment-là, avec ses questions, que j’ai commencé à me rendre compte: OK, si c’est du travail de figurant, ils n’auraient pas besoin de détail sur les figurants», a raconté une manifestante, Julia Hackstaff, à la chaîne publique CBC. Quand d’autres journalistes l’ont interrogée, elle a dit avoir compris qu’elle avait été bernée: «J’ai commencé à réaliser que personne n’avait dit: action!».

Une autre manifestante, Ken Bonson, a fait un récit semblable au Toronto Star: «Honnêtement, j’ai plutôt honte et je suis gênée», a-t-elle rapporté, expliquant qu’elle n’avait jamais entendu parler de l’affaire de l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou.

Une question restait sans réponse: qui a embauché ces «figurants». L’ambassade de Chine à Ottawa n’avait pas répondu aux sollicitations de l’AFP jeudi matin.

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