«C’est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de snipers, pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés», a indiqué Sadok Mahmoudi, membre de l’union régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale). Cette version des faits a été corroborée par d’autres témoins interrogés par l’AFP.

Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Me Mokhter Trifi, a de son côté confirmé à l’AFP cette version de faits survenus la nuit dernière à Kasserine.

«Une opération de commandos téléguidée a été organisée la nuit dernière pour piller et faire accréditer la thèse du complot avancée par le régime», a déclaré Me Mokhter Trifi à l’AFP.

«Des bandes cagoulées ont semé le chaos sous les yeux des forces régulières qui se sont ensuite retirées à l’extérieur de la ville», a-t-il ajouté.

Selon lui, ces actes «visent à faire accréditer la version des autorités qui ont «attribué les émeutes du week-end à des pilleurs parmi la population».

M. Trifi a fait état d’un «grand nombre» de tués, affirmant que «la confusion qui règne actuellement ne permet pas de donner un bilan chiffré.

«Le nombre de tués a dépassé les cinquante, a indiqué M. Mahmoudi, citant un bilan recueilli auprès du personnel médical de l’hôpital régional de Kasserine où ont été transportés les corps.

Un fonctionnaire local ayant requis l’anonymat a aussi décrit «une situation de chaos» dans cette ville à 290 km au sud de Tunis, confirmant des tirs de snipers postés sur le toits et des forces de police tirant sur des cortèges funèbres.

Le personnel médical de l’hôpital de Kasserine a débrayé durant une heure pour protester contre le nombre élevé de victimes et la gravité des blessures, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des «cadavres éventrés, à la cervelle éclatée».

Un homme de 75 ans et son épouse ont été tués dans le quartier Ezzouhour alors qu’ils allaient enterrer leur enfant lundi (bien lundi), selon ce témoignage.