Le président libanais Emile Lahoud a entamé ses consultations mercredi en vue de nommer un nouveau gouvernement. Selon les observateurs, le premier ministre pro-syrien démissionnaire Omar Karamé pourrait reprendre ses fonctions. Après ces discussions, le président, dont la position a été renforcée par la manifestation pro-syrienne organisée mardi à Beyrouth par le Hezbollah chiite, est censé nommer le candidat au poste de premier ministre dont le nom est le plus souvent cité.

Or, la mouvance chiite du président de l'Assemblée, Nabih Berri, a désigné Omar Karamé comme nouveau premier ministre, tout comme les députés du Hezbollah. M. Karamé avait démissionné la semaine dernière au vu des manifestations de l'opposition, mais il assure toujours l'intérim. D'autres députés pro-syriens ont également porté leur choix sur lui, rendant quasiment assurée sa nomination à la tête du gouvernement jusqu'aux élections prévues en mai.

A l'invitation du Hezbollah, plusieurs centaines de milliers de Libanais pro-syriens avaient envahi le centre de Beyrouth mardi, permettant à l'organisation chiite de répliquer à la vague de manifestations quasi quotidiennes de l'opposition exigeant le retrait des troupes syriennes du Liban. Il s'agissait de la première grande manifestation de soutien public à la Syrie à Beyrouth depuis l'assassinat, le 14 février, de l'ex-premier ministre Rafic Hariri.

Lors de la manifestation, le chef du Hezbollah, Cheikh Hassan Nasrallah, a appelé l'opposition à participer à un gouvernement d'unité nationale et à rejeter les exigences américaines – le retrait syrien et le désarmement du Hezbollah. En réponse, l'un des chefs de file de l'opposition libanaise, Walid Joumblatt, a appelé mercredi au dialogue avec l'organisation islamiste.

Par ailleurs, les troupes de Damas ont poursuivi dans la nuit de mardi à mercredi la première des deux phases de leur redéploiement vers l'est du Liban. A Damas, enfin, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues hier dans la rue pour manifester leur soutien au président Bachar al-Assad, qui fait face à une très forte pression des Etats-Unis.