France

Emilie K., figure du djihadisme français, arrêtée en Syrie

Selon la mère de la jeune femme, la trentenaire a été arrêtée par les forces kurdes en Syrie. Sa famille appelle les autorités françaises à la «rapatrier» avec ses trois enfants

Elle a joué un rôle important de propagandiste et de recruteuse sur les réseaux sociaux pour le groupe Etat islamique: figure de la mouvance djihadiste française, Emilie K., 33 ans, a été arrêtée par les forces kurdes en Syrie, selon sa mère.

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Interrogée par le quotidien Ouest-France, la mère de 70 ans, vivant à Lorient (Bretagne, nord-ouest), assure avoir eu sa fille au téléphone en fin de semaine dernière. «Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée», a-t-elle affirmé, appelant les autorités françaises à la «rapatrier» avec ses enfants.

Emilie K. se trouverait en compagnie de trois enfants nés en Syrie. Elle s’était rendue en pionnière dans ce pays dès 2012. En septembre 2014, l’ONU l’avait placée sur sa liste noire des combattants les plus dangereux.

Quand Emilie devint Samra

Convertie à l’islam au contact de son premier mari, d’origine algérienne, emprisonné pour trafic de drogue, Emilie K. apprend l’arabe, se fait appeler Samra et tente de distribuer des tracts appelant au djihad.

Au printemps 2012, convoquée au tribunal, elle refuse de retirer son niqab et provoque une altercation avec un vigile, qu’elle filme et poste sur YouTube. Dans la foulée, elle laisse ses deux enfants en France et part rejoindre en Syrie son nouveau compagnon, qui sera tué ultérieurement.

Si elle ne prend pas part aux combats, Emilie K. apparaît souvent dans des vidéos de propagande. Les renseignements interceptent aussi des appels où elle incite ses contacts à s’en prendre aux femmes de soldats français.

Un examen au «cas par cas»

Alors que l’EI est en pleine déroute sur le terrain irako-syrien, une autre figure du djihadisme français a récemment été arrêtée: Thomas B., 36 ans, tombé à la mi-décembre aux mains des combattants kurdes en Syrie, où il était parti se battre en 2014.

D’après les services de renseignement français, «quelques dizaines» d’adultes français, combattants djihadistes et leurs épouses, se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie. Le cas des femmes accompagnées de leurs enfants est le plus épineux, et le président Emmanuel Macron a indiqué en novembre que leur sort serait examiné au «cas par cas».

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Selon sa mère, Emilie K. est aujourd’hui «repentie»: «Elle voulait revenir, elle demandait pardon, à sa famille, à ses amis, à son pays. Elle regrettait tous ses propos et assurait vouloir payer sa dette en France».

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