Emmanuel Macron vient de prendre la décision que Nicolas Sarkozy (qu’il sollicite régulièrement) aurait peut-être dû prendre pour sauver autrefois son quinquennat. En se séparant de son populaire premier ministre Edouard Philippe – sa démission, remise vendredi matin, a été acceptée – l’actuel président français a refusé de lier son sort à ce dernier, comme Sarkozy l’avait fait avec François Fillon, resté aux commandes du gouvernement durant tout son quinquennat, de 2007 à 2012. Preuve de l’inspiration sarkozyste: le nouveau premier ministre Jean Castex, Haut fonctionnaire chargé ces dernières semaines du déconfinement post-crise sanitaire, était le secrétaire général adjoint de l’Elysée entre 2011 et 2012.

Edouard Philippe, ancien bras droit d’Alain Juppé issu de la droite, n’avait pas fait campagne pour Macron en 2017. Son ralliement avait constitué une prise maîtresse, accompagnée par l’arrivée de deux autres poids lourds: le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et celui du Budget Gérald Darmanin. Trois ans après, le chef du gouvernement français a rempli son contrat: Emmanuel Macron a souligné, dans un entretien donné jeudi à la presse régionale, sa «relation de confiance» inédite avec lui, d’un «certain point de vue unique à l’échelle de la Ve République». N’empêche: l’efficacité du premier ministre, sa popularité, mais aussi ses convictions de droite bien ancrées et ses revendications d’autonomie par rapport à l’Elysée rendaient l’attelage compliqué à gérer en vue de l’élection présidentielle de 2022.