Alain Berset devra, à Davos, se contenter d’écouter Emmanuel Macron en séance plénière. Aucune entrevue bilatérale n’est en effet prévue pour l’heure entre le nouveau président de la Confédération et le chef de l’Etat français lors de son passage éclair dans la station grisonne. Le locataire de l’Elysée devrait, le 24 janvier, prononcer un discours de 17h30 à 18h15, en français puis en anglais. Il n’est pas sûr que son intervention soit suivie de questions de la salle, même si le tempérament de l’intéressé et son goût de l’improvisation peuvent toujours changer la donne.

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Au total, et sauf contrainte météorologique, la participation d’Emmanuel Macron au Forum économique mondial (WEF) se limitera à trois petites heures. «Il n’est pas prévu qu’il dorme sur place» a confirmé son entourage au Temps. La diplomatie suisse peut donc encore espérer, in extremis, caler un échange présidentiel dans les Alpes, bien que cela n’apparaisse pas indispensable coté français: «Doris Leuthard était à l’Elysée en juillet dernier. Nous suivons de très près les différents dossiers qui préoccupent la Suisse. Et en plus, son agenda n’est pas totalement bouclé…»

«Choose France!»

Sur la scène de Davos, le président français prononcera un discours rodé deux jours plus tôt, le lundi 22 janvier, sous les ors du château de Versailles où il recevra près de 140 grands patrons de multinationales. Au menu des deux événements? Un même plat de résistance: «France is back», la France est de retour. A Versailles, le chef de l’Etat français s’exprimera lundi soir, à l’issue d’une journée d’ateliers et de conférences autour du thème Choose France! – choisissez la France – qui pourrait donner lieu à une campagne de communication internationale sur le mode de la Great Britain Campaign entonnée depuis des années par le Royaume-Uni, et sérieusement mise à mal par les négociations tumultueuses sur le Brexit. Choose France! sera donc, aussi, un thème évoqué à Davos. Une séquence habilement gérée par l’Elysée puisque les annonces économiques auront été effectuées avant l’étape grisonne: «Une dizaine d’annonces importantes seront faites, dépassant le milliard d’euros. Elles doivent prouver aux Français que le pays change», juge l’exécutif hexagonal.

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Le secteur privé helvétique, dont le stock d’investissement en France approche les 50 milliards d’euros, fait bien sûr partie des partenaires courtisés. Les pharmas seront notamment représentées au Sommet de Versailles, où les patrons étrangers seront accueillis par une quinzaine de ministres français (dont celui des finances, Bruno Le Maire, qui sera aussi à Davos).

La place financière suisse, en revanche, brillera par son absence. Ni UBS – en attente de son procès en France pour «blanchiment de fraude fiscale» – ni Credit Suisse, ni les grandes banques privées ne seront reçues dans la demeure du Roi-Soleil. Les quatre grandes banques annoncées à ce rendez-vous versaillais sont JP Morgan, HSBC (qui a trouvé une issue négociée avec la justice française en novembre 2017, moyennant le paiement d’une amende de 300 millions d’euros), Bank of America et surtout Goldman Sachs. Cette dernière, accusée d’avoir participé il y a dix ans aux dissimulations financières de la Grèce, sera représentée par son énigmatique et très controversé patron, Lloyd Blankfein. L’ancien banquier Emmanuel Macron, associé chez Rothschild avant d’entrer en politique, sait se montrer pragmatique.