Outre-Mer

Emmanuel Macron: «La France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie»

En voyage en Océanie, le président français a toutefois qu'il appartenait aux Calédoniens de choisir leur futur à six mois d'un référendum sur l'indépendance de l'archipel. Selon les derniers sondages, le «non» l'emporte largement

Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que «la France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie», lors d'un discours sur place, à six mois du référendum sur l'indépendance de cet archipel français du Pacifique. «Il n'appartient qu'à nous tous de ne pas faire reculer l'Histoire, que le choix se fasse dans le calme en gagnant chaque centimètre de paix et de concorde», a déclaré le chef de l'Etat français, devant le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les élus, les chefs coutumiers, les représentants de la société civile et les responsables économiques, à Nouméa.

Le chef de l'Elysée a salué l'engagement du territoire pour la France libre pendant la Seconde guerre mondiale, mais aussi «parce qu'elle est une part de cette France-monde» et parce qu'elle «a apporté à toute la France des modèles», dont "celui «d'accepter toute cette diversité».

Décolonisation par étapes

Mais «c'est aux Calédoniens qu'il appartient de le dire, de choisir» lors du référendum sur l'indépendance du 4 novembre, a-t-il ajouté, en assurant qu'il n'entendait pas prendre parti, «par pour me soustraire à une responsabilité mais parce que ce n'est justement pas ma responsabilité». Mais «l'Etat fera tout pour que ce scrutin soit incontestable», a-t-il dit dans son discours, trente ans jour pour jour après l'accord de Nouméa de 1998 qui a mis un terme aux violences et entamé un processus de décolonisation par étapes, ouvrant la voie au référendum d'autodétermination. 

Le déplacement du président s'est effectué dans un contexte sensible sur cet archipel situé à plus de 16 000 km de Paris, français depuis 1853. Emmanuel Macron est le premier président français à se rendre sur l'île d'Ouvéa, dans l'est de l'archipel, théâtre il y a trente ans d'affrontements meurtriers entre des militants indépendantistes et des militaires français.

Le 5 mai 1988, l'armée avait pris d'assaut la grotte d'Ouvéa où des gendarmes étaient retenus en otages par des militants indépendantistes, entraînant la mort de 21 personnes, deux militaires et 19 Kanaks, dont certains sommairement exécutés. Une éventuelle indépendance de la France serait une première depuis celle de Djibouti (1977) et du Vanuatu (1980), ex-Condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, voisin de la Nouvelle-Calédonie. Mais un sondage publié mercredi donne le «non» à l'indépendance largement gagnant, avec 59,7% des personnes interrogées opposées à l'indépendance contre 22,5% qui la soutiennent et 17,8% d'indécis.

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