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Une stratégie presque en miettes: à quelques jours du Sommet européen des 28 et 29 juin, la «feuille de route» sur laquelle l’Elysée comptait tant pour faire redémarrer l’Union ressemble à une peau de chagrin.
© ERIC VIDAL / Reuters

France

Emmanuel Macron pris à revers

Le président français ne parvient plus à rassembler. Ses ambiguïtés sur la question des migrants renforcent la détermination de ses adversaires européens

Une stratégie presque en miettes: à quelques jours du Sommet européen des 28 et 29 juin, la «feuille de route» sur laquelle l’Elysée comptait tant pour faire redémarrer l’Union ressemble à une peau de chagrin.

Lire aussi: L’Union européenne en ordre dispersé sur le front migratoire

Rébellion ouverte

Certes, Paris et Berlin sont parvenus à un accord sur une réforme de la gouvernance de la zone euro, assortie de la création future d’un budget dédié pour permettre aux pays dotés de la monnaie unique de mieux affronter une nouvelle crise. Mais qui peut, aujourd’hui, dissocier la finance de la politique? Comment préserver l’euro alors que l’Italie, troisième économie de l’Eurogroupe, est en rébellion ouverte contre la méthode Macron, et que l’Autriche – qui assumera à partir du 1er juillet la présidence semestrielle de l’UE – regarde du côté de Budapest, où Viktor Orban vilipende Bruxelles?

Emmanuel Macron misait, grosso modo, sur un retour de la croissance en Europe, sur une accalmie migratoire, sur la capacité d’Angela Merkel à «tenir» sa grande coalition et sur l’endiguement du populisme en Italie. Sur tous ces fronts, le président français est pris à revers. La croissance s’étiole face à la guerre commerciale lancée par Trump. Les arrivées de migrants ont nettement diminué, mais leur impact politique est toujours plus fort. Merkel navigue à vue et Matteo Salvini, l’homme fort de l’Italie, a trouvé en Macron sa «tête de Turc». Le refrain de «l’arrogance française» s’installe.

Le temps contre lui

Le locataire de l’Elysée paie aussi ses ambiguïtés et quelques erreurs. Comment reprocher aux autorités de Rome leur intransigeance vis-à-vis des migrants, alors que Paris n’a pas offert de ports à l’Aquarius et que le projet de loi sur l’asile et pour une immigration «maîtrisée» durcit les procédures d’accueil en France? Comment ne pas réagir aux accusations de «cynisme» formulées par Emmanuel Macron contre les Italiens, alors que les douaniers français n’ont pas hésité à faire des contrôles sur le territoire de la Péninsule? Idem à propos des pays maghrébins et africains: comment leur faire accepter des «hotspots», voire des camps fermés, opérations très coûteuses financièrement et politiquement, alors que les coupes dans les dépenses publiques s’annoncent rudes sous ce quinquennat?

Le président français a toujours pour lui le meilleur des arguments: seule une Europe unie et redynamisée peut affronter les défis à venir. Problème: le temps joue aujourd’hui contre lui. La pression migratoire impose des décisions douloureuses à court terme. Les populistes sont convaincus d’un tsunami électoral aux prochaines élections européennes. Seule solution: obtenir vite des décisions fortes, symboliques, «vendables» aux opinions publiques. Pour ne pas se dissiper dans les colères, l’effet Macron doit vite fournir des résultats tangibles. 

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