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Emmanuel Macron et Xi Jinping à Pékin, 9 janvier 2018.
© Mark Schiefelbein

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Emmanuel Macron quitte la Chine avec de nombreux contrats dans ses valises

Le président français n'a pas évoqué les droits de l'homme à Pékin, et assume: cela ne donne «aucun résultat». La Chine commande 184 Airbus

Le président français Emmanuel Macron a conclu mercredi sa première visite en Chine sur un appel à la cohésion des Européens face à la «puissance de feu» de Pékin. Le poids de l'Empire du milieu a été à nouveau illustré par une méga-commande pour Airbus.

Cette visite d'Etat de trois jours a été largement dominée par l'initiative chinoise des «Nouvelles routes de la soie», un colossal projet d'investissements dans les infrastructures à destination de l'Europe, qui fait parfois craindre de voir le régime communiste étendre son influence politique vers l'Ouest.

Lire aussi:  Emmanuel Macron arrive en Chine par la Route de la soie

Parmi les cibles, plusieurs pays de l'est ou du sud du continent, prompts à accepter l'argent des Chinois y compris dans les secteurs stratégiques, comme la Grèce qui leur a vendu le port du Pirée.

«Se donner» ou se faire respecter

«Certains pays sont beaucoup plus ouverts aux intérêts chinois, parfois aux dépens d'un intérêt européen. On ne peut pas leur en vouloir, car nous les avons acculés à des privatisations très dures», a relevé Emmanuel Macron mercredi lors d'une conférence de presse-bilan.

Divisée, incapable de défendre ses secteurs stratégiques, parfois ouverte à tous vents, l'Europe n'est guère respectée en Chine, a lancé le chef de l'Etat français. Son souhait: une position commune face à Pékin entre pays de l'UE décidés à privilégier l'intérêt européen sur leur intérêt national à court terme.

A ce propos: L'Europe rêve de son «retour» en 2018

«La Chine ne peut pas respecter un continent où une partie des Etats membres se donne toutes portes ouvertes, où il est facile d'acheter à l'encan des infrastructures essentielles. Donc, quand la France ou l'Europe défend ses secteurs stratégiques, c'est bon pour nous et pour le dialogue», a-t-il assuré.

Discrétion sur les droits de l'homme

Interrogé sur la question du respect des droits de l'homme en Chine, Emmenuel Macron a assumé de ne pas évoquer ce dossier publiquement. «Je peux me faire plaisir en donnant des leçons à la Chine en parlant à la presse française. Ça s'est beaucoup fait, ça n'a aucun résultat», avait-il assuré mardi soir. «Il y a des différences entre nous qui sont liées à notre histoire, à nos philosophies profondes, à la nature de nos sociétés», avait-il affirmé un peu plus tôt lors d'une déclaration commune au côté de son homologue chinois Xi Jinping.

Avant le voyage, l'Elysée avait assuré que la question des droits de l'homme serait abordée en privé par Emmanuel Macron. «Je crois à la diplomatie du respect réciproque, on doit travailler dans la durée», a-t-il observé.


De bonnes affaires pour Areva et Airbus

La journée de mardi, marquée par un sommet Macron-Xi, a été le point d'orgue de la visite, avec la signature de plusieurs accords commerciaux. L'accord le plus spectaculaire concerne Areva, qui a décroché la construction d'une usine de retraitement de déchets nucléaires sur le modèle du site existant à La Hague, dans le nord-ouest de la France.

Mercredi, alors que le président s'apprêtait à quitter la Chine, l'Elysée a annoncé que Pékin passait commande de 184 appareils A320 à Airbus. Le montant du futur contrat n'a pas été révélé, mais au prix catalogue, il atteindrait 18 milliards de dollars.

«Ma philosophie est de ne pas exhiber le montant nominal des contrats», a souligné Emmanuel Macron devant la communauté française de Pékin. Il a également dit que la Chine l'avait assuré qu'elle respecterait une parité de part de marché entre Airbus et Boeing.

Pékin a l'habitude de répartir ses commandes entre les deux avionneurs, mais Boeing semble avoir pris un avantage récemment en vendant 300 appareils à l'occasion d'une récente visite de Donald Trump. La Chine avait toutefois passé une commande de 140 Airbus lors d'une visite de Xi Jinping en Allemagne en juillet.

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