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Le président Emmanuel Macron prépare un «choc d’offre» dans le domaine du logement à la frontière suisse.
© Michel Euler/Afp Photo

France voisine

Emmanuel Macron veut réduire les coûts du logement à la frontière suisse

Le chef de l’Etat français annonce une «mesure choc» dans les zones tendues sur le plan immobilier. Le maire de Saint-Julien-en-Genevois conteste

S’il est un secteur dans le bassin franco-genevois englué dans la crise, c’est celui du logement. D’un côté, le canton construit peu et envoie ses résidents chercher un toit de l’autre côté de la frontière, ce qui fait grimper les loyers et le prix du mètre carré. De l’autre, la Haute-Savoie accueille chaque année 10 000 nouveaux habitants, dont bon nombre se font embaucher en Suisse et deviennent des frontaliers qui peinent à se loger, car l’offre est rare donc chère.

Abattement sur les plus-values immobilières

Dans un entretien accordé au Point le 15 septembre, Emmanuel Macron a indiqué «qu’un système d’exception pour réduire les coûts allait être mis en place dans les zones tendues, le Grand Paris, Lyon, le territoire Aix-Marseille et la frontière suisse». Le chef d’Etat français pour qui le dossier est une priorité prépare «un choc d’offre».

Le système qui sera appliqué aux seules zones tendues consiste essentiellement en un abattement exceptionnel avant 2020 sur les plus-values immobilières en vue de la construction de logements. Cet abattement sera de 100% pour les cessions pour construire du logement social, 85% pour le logement intermédiaire, 70% pour le logement libre.

Une carotte fiscale dégressive

«C’est ce qu’on appelle dans notre jargon une inversion de la fiscalité», résume Grégory Monod, vice-président de la Fnaim Savoie Mont-Blanc et promoteur immobilier à Annecy (Sogimm). Il se félicite de cette mesure incitative qu’il espère depuis dix ans. «Aujourd’hui 17 ans doivent s’écouler pour espérer avoir un abattement de 72%, les propriétaires attendent donc beaucoup trop longtemps pour vendre les terrains constructibles», explique-t-il.

L’actuel régime fiscal impose en effet aux propriétaires de conserver de longues années leur terrain afin d’échapper à la taxation des plus-values. Abattre au maximum au début de la détention peut inciter à vendre rapidement. Cette carotte fiscale sera ensuite dégressive.

Le mètre carré à 4250 euros

L’accession à la propriété est une des préoccupations majeures des Français, et la zone frontalière avec la Suisse n’y fait pas exception. Le gouvernement mise sur un choc concernant la construction là où le déséquilibre entre offre et demande fait grimper à la fois l’immobilier et les loyers. Dans le Grand Genevois, selon Grégory Monod, le prix moyen au mètre carré est aujourd’hui d’environ 4250 euros en prix de vente, 3700 euros sur la partie Annemasse, 4200 euros à Saint-Julien, le Pays de Gex reste quant à lui plus cher, autour des 5000 euros.

Virginie Duby-Muller, députée Les Républicains de Haute-Savoie, approuve cet abattement exceptionnel sur les plus-values immobilières «qui va dans le bon sens». Mais elle regrette que «ce qu’Emmanuel Macron donne d’un côté pour le logement, il le reprend de l’autre». «Le gouvernement a fait le choix d’imposer aux organismes HLM dès 2018 de compenser la baisse des APL (aide personnalisée au logement) par une diminution des loyers. Or ceux-ci sont les seules recettes pour investir», avance l’élue. Elle estime que ce sont ainsi mille nouveaux logements qui ne pourront pas être construits l’an prochain en Haute-Savoie.

Virginie Duby-Muller regrette aussi l’abandon par Emmanuel Macron de la loi Pinel (du nom de Sylvia Pinel, ministre du Logement sous François Hollande), dispositif qui offrait une réduction d’impôts lors de l’achat d’un bien immobilier neuf, à condition qu’il soit mis en location pendant six ans au minimum.

«Il faut au contraire réduire la construction»

Des critiques aussi chez Antoine Vielliard, le maire de Saint-Julien-en-Genevois, mais bien plus radicales. «Notre objectif est tout autre, puisqu’on veut calmer les choses, réduire la construction afin de maîtriser notre développement et notre cadre de vie», argue-t-il. L’édile, qui aime à vilipender Genève et ses politiques de logement «qui ont chassé les habitants du canton et conduit à la paralysie des transports», rappelle que sa «petite ville de 15 000 habitants construit 200 logements par an quand sa grande voisine suisse n’en propose que 2000 pour la même période». Une façon de renvoyer la balle de l’autre côté de la frontière et de récuser du même coup le plan Macron.

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