Des employés locaux de l’ambassade britannique à Téhéran seront traduits en justice, à la suite des manifestations contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, a annoncé vendredi Ahmad Jannati, le chef de la plus haute instance électorale d’Iran. Il faut rappeler que les employés locaux des ambassades sont des nationaux des pays d’accueil, engagés avec des contrats de droit local, qui n’ont pas droit à l’immunité diplomatique.

«Naturellement ils seront traduits en justice, ils sont passés aux aveux», a déclaré le chef du conseil des Gardiens de la constitution durant la prière du vendredi.

Neuf employés locaux de l’ambassade britannique avaient été arrêtés le 28 juin après les manifestations contre la réélection de l’ultraconservateur Ahmadinejad à la présidentielle du 12 juin. Selon le gouvernement britannique, deux restent détenus à ce jour. Hier, l’Union européenne s’est dite prête à «agir», selon la présidence suédoise, si ces employés n’étaient pas libérés.

Londres accusée

Les autorités iraniennes accusent l’ambassade britannique d’avoir dépêché des employés dans les manifestations de l’opposition pour y fomenter des troubles, ce que Londres a démenti avec véhémence. L’Iran accuse plus généralement les Occidentaux d’avoir organisé la contestation à la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Les Occidentaux ont démenti, tout en mettant en doute la validité du scrutin et en condamnant la dureté de la répression des manifestants et la vague d’arrestations qui l’a accompagnée.

Les autorités iraniennes n’ont révélé ni l’identité des employés de l’ambassade interpellés ni les charges pesant sur eux. L’ayatollah Jannati n’a pas indiqué non plus quand se tiendrait leur procès.

Téhéran avait annoncé lundi la libération de cinq des neuf employés, tout en affirmant avoir procédé à leurs interpellations sur la base de «preuves» de leur implication dans les manifestations.

Le ministre des Renseignements Gholam Mohseni-Ejei avait expliqué la veille que l’ambassade de Grande-Bretagne avait «joué un rôle important dans les récentes émeutes»

Ambassadeurs rappelés

Les pays de l’Union européenne ont décidé vendredi de convoquer tous les ambassadeurs ou chargés d’affaires iraniens pour protester. La décision a été arrêtée lors d’une réunion d’ambassadeurs des 27 pays de l’UE à Bruxelles et va être mise en oeuvre «dans le courant de la journée». Le gouvernement britannique s’est dit «préoccupé» vendredi par l’annonce de poursuites judiciaires contre des employés locaux de son ambassade à Téhéran.

«Notre priorité absolue est d’obtenir la libération de tous les employés (locaux) de l’ambassade», a dit une porte-parole du Foreign Office. «Les allégations selon lesquelles notre personnel fomentait des troubles sont absolument sans fondement», a-t-elle ajouté. «Nous allons chercher de manière urgente une explication de la part des Iraniens».