La Cour pénale d’Athènes a ordonné jeudi l’emprisonnement du dirigeant d’Aube dorée. Sa requête vaut aussi pour six anciens cadres de cette formation néonazie, condamnés à 10 et 13 ans de prison ferme pour «direction d’une organisation criminelle». Les mandats d’arrêt doivent être émis dans les prochaines heures, selon une source judiciaire. Cette décision  marque la fin d'un des procès les plus importants des dernières décennies en Grèce.

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Négationniste et admirateur du national-socialisme, Nikos Michaloliakos, 62 ans, a été reconnu coupable d’avoir dirigé une «organisation criminelle» le 7 octobre et condamné à 13 ans et demi de prison ferme. Un verdict qualifié d'«historique» par la quasi-totalité de la classe politique grecque.

Les six autres anciens cadres et députés d’Aube dorée, dont l’eurodéputé Ioannis Lagos, qui bénéficie d’une immunité parlementaire jusqu’à la levée de celle-ci par le Parlement européen, sont condamnés à plus de 10 ans de prison ferme. Ils doivent également être arrêtés et placés sous les verrous.

Yorgos Roupakias, l’assassin du musicien militant Pavlos Fyssas, tué par l’arme blanche le 18 septembre 2013, condamné à la perpétuité et quatorze ans de prison, sera également incarcéré.

Meurtres et violences contre des migrants et militants de gauche 

La Cour, composée de trois juges et présidée par Maria Lepenioti, n’a pas suivi les réquisitions de la procureure Adamantia Economou. Celle-ci avait en décembre réclamé l’acquittement de tous les cadres d’Aube dorée, puis, après leur condamnation, leur maintien en liberté dans l’attente d’un éventuel appel.

La Cour n’a accepté aucune circonstance atténuante pour Nikos Michaloliakos et les six autres cadres d’Aube dorée. Cette formation néonazie est responsable de meurtres et violences contre des migrants et des militants de gauche. Elle avait bénéficié jusqu’ici d’une quasi-impunité pendant des décennies en Grèce.

C’est le choc provoqué dans ce pays par le meurtre de Pavlos Fyssas qui avait contraint les autorités à poursuivre en justice près de 70 cadres et membres du parti en 2013. Puis à placer en détention provisoire Nikos Michaloliakos et une vingtaine d’anciens députés.