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Syrie

Enlisée, Genève 2 a besoin d’un électrochoc

Le processus reste au point mort. Des représentants de Moscou et de Washington sont à Genève pour tenter de le sauver

Enlisée, Genève 2 a besoin d’un électrochoc

Syrie Le processus reste au point mort

Des représentants de Moscou et de Washington sont à Genève pour tenter de le sauver

La grisaille ou les averses conviennent finalement mieux à Genève 2 que le soleil quasi printanier qui baignait mercredi le Palais des Nations, offrant depuis son parvis une vue à couper le souffle sur le Mont-Blanc immaculé. Rien de réjouissant en effet, à entendre les représentants des deux délégations syriennes repasser le disque rayé de leurs arguments, à l’issue de la réunion qu’elles venaient d’avoir avec Lakhdar Brahimi, le médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe.

Comme toutes celles qui l’ont précédée, cette dernière séance s’est fracassée sur le mur des incompréhensions mutuelles. Or, à chaque rencontre ratée, la nervosité monte d’un cran. Et, fait sans précédent, celle d’hier s’est conclue sans même qu’un rendez-vous précis pour le lendemain ne soit fixé aux deux délégations par Lakhdar Brahimi.

Désabusé, un négociateur de l’opposition confiait d’une voix blanche: «Genève 2 est en état de mort clinique.» Pour raviver la conférence flotte encore l’espoir d’un électrochoc que parviendraient à provoquer ses deux parrains, les Etats-Unis et la Russie. Tous deux ont dépêché à Genève leurs émissaires: la sous-secrétaire d’Etat américaine Wendy Sherman doit rencontrer ce jeudi après-midi au Palais des Nations son homologue russe, Genady Gatilov, en la présence de Lakhdar Brahimi. Une source proche de la Mission américaine confirmait hier que cette réunion, qui devait initialement se tenir vendredi, revêt un caractère «d’urgence» et que son objet est bien de «secouer le processus» pour tenter d’en sauver ce qui peut encore l’être d’ici à samedi, date de clôture prévue pour le second round de Genève 2. Car le constat est sans appel: les négociateurs de l’opposition et du régime ne sont toujours pas parvenus à s’accorder sur le minimum, un agenda commun qui leur permettrait d’entrer dans le vif des débats. A cette aune, la tenue d’un troisième round est très loin d’être acquise.

«Nous maintenons que nous sommes prêts à discuter de tout, mais dans une séquence logique. L’autre délégation ne parle, elle, que de gouvernement de transition, alors que la priorité doit être la lutte contre le terrorisme», insistait hier encore Boutheina Chaabane, proche conseillère politique du président Bachar el-Assad. «Après avoir parlé des violences mardi, il était prévu que nous abordions la question du gouvernement de transition. C’est ce que nous avons fait, en présentant notre document le plus important. Il prévoit en 22 points toutes les étapes d’un processus de transition», a expliqué de son côté Louai Safi, le porte-parole de l’opposition. Côté régime, ce texte n’a pas suscité la moindre réaction. Ses représentants se sont même refusés à le toucher des doigts.

Arrivé dès hier à Genève, Genady Gatilov a déjà rencontré Walid Mouallem, le ministre des Affaires étrangères syrien, chef de file de la délégation du régime. A-t-il exercé sur lui la pression qui permettra de ramener sa délégation à de meilleures dispositions? Depuis le lancement des pourparlers le 22 janvier, et plus encore leur redémarrage lundi dernier, son équipe, flanquée d’une impressionnante cour de journalistes acquis au régime, cultive avec une assurance consommée l’art de l’obstruction. Sous le couvert de comptes rendus à faire à Damas, elle a obtenu qu’il n’y ait plus qu’une unique séance de travail quotidienne, contre deux lors du premier round. «Ils essaient constamment de nous plonger dans les petits détails, de discuter de tout pour gagner du temps, cela devient insupportable», tempête Abdul Ahad Astephoa, l’un des négociateurs de l’opposition.

Cette dernière a fait jusque-là la démonstration d’une unité remarquée, et n’a, pour l’heure, pas été remise en cause par l’opposition, combattante ou civile, de l’intérieur. Mais, plus le temps passe, et plus l’absence de percée à Genève risque de gripper ces soutiens tacites. En relevant hier que 4959 personnes avaient péri en Syrie au cours des trois semaines écoulées, le bilan le plus effroyable depuis le début du conflit, l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, favorable à l’opposition, a demandé la suspension des pourparlers «s’ils ne s’attachent pas à l’interruption immédiate de toutes les opérations militaires».

C’est précisément parce que la situation sur le terrain reste dramatique, alors même que s’enlisent les discussions politiques à Genève, qu’une autre partie s’apprête à se jouer devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York. Un projet de résolution humanitaire sera soumis à son vote ces prochains jours. Sans la moindre garantie, là aussi, de percée. Pour l’heure, Moscou en a jugé le contenu «absolument inacceptable», et envisagerait de déposer à son tour un projet de résolution portant sur le «terrorisme».

Depuis le 22 janvier, il n’y a toujours pas eu d’accord sur le minimum, un agenda commun

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