France

Enquête sur les emplois des enfants du ministre de l'Intérieur

Le parquet national financier français a annoncé ce mardi l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les emplois parlementaires des deux filles adolescentes du ministre de l'Intérieur, Bruno LeRoux 

L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales au lendemain de ces révélations qui interviennent en pleine campagne électorale, quelques semaines à peine après le scandale suscité par les emplois fictifs présumés fournis par le candidat conservateur François Fillon à sa famille.

Lire également:  François Fillon, l'heure de la défiance

Selon la chaîne TMC, Bruno Le Roux, 51 ans, a salarié ses filles en contrat court alors qu’elles étaient lycéennes puis étudiantes, entre 2009 et 2016, pour un montant total de quelque 55 000 euros. Elles n’avaient, lors des premiers contrats, que 15-16 ans.

«Lorsqu'on est attaché à l’autorité de l’Etat, on est impeccable face aux institutions et aux règles qui les régissent», a déclaré mardi le Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui devait recevoir dans la journée M. Le Roux, un proche du président Hollande.

«Un boulot d’été auprès d’un parlementaire»

Vieux routier du parti socialiste, Bruno Le Roux a été élu député en 1997, puis réélu jusqu’à son entrée au sein du gouvernement en décembre dernier, à un poste clé dans un pays sous une menace terroriste élevée.

Dans le reportage diffusé lundi, il reconnaît l’embauche ponctuelle de ses filles alors qu’il était député, «sur des étés, notamment, ou des périodes de vacances scolaires», mais se défend d’un «amalgame» avec l’affaire Fillon, parlant «d’un boulot d’été auprès d’un parlementaire».

Une République pas si «exemplaire»

Ces révélations font écho à la retentissante affaire visant François Fillon, inculpé la semaine dernière pour «détournement de fonds publics». Le candidat de la droite est accusé d’avoir rémunéré son épouse Pénélope et deux de ses enfants pour des emplois fictifs d’assistants parlementaires, pour des centaines de milliers d’euros. Réagissant fin janvier aux révélations visant le candidat de la droite, M. Le Roux avait dénoncé «les turpitudes de François Fillon». Le parquet financier a ouvert des enquêtes concernant le candidat conservateur mais aussi la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen, elle aussi suspectée d’emplois fictifs, mais au parlement européen.

Lire aussi: Emplois fictifs au Parlement européen: Marine Le Pen convoquée par les juges

«Je ne pense pas» que M. Le Roux puisse rester au gouvernement dans ce contexte, a confié à l’AFP une source gouvernementale. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s’est pour sa part dit «pour l’exemplarité et la transparence. Tout le monde doit être traité à la même enseigne quel qu’il soit, connu ou moins connu», a-t-il souligné.

La «République exemplaire» promise par François Hollande avant son élection à la présidence française en 2012 avait déjà connu un sérieux accroc début 2013 lorsque son ministre du Budget Jérôme Cahuzac avait été pris dans un scandale de fraude fiscale et blanchiment et poussé au départ. Il a été condamné en décembre dernier à trois ans de prison.

Lire également: Affaire Cahuzac, la justice française fait un exemple

Publicité