Le ministère américain de la Justice a estimé ce jeudi que l'enquête contre Michael Flynn, un ancien général de 61 ans, n'avait pas «de base légitime». Il a précisé que, «même si elles étaient fausses», ses déclarations «n'avaient pas d'importance» selon des documents judiciaires. 

Echanges confidentiels

Après avoir participé à la campagne de Donald Trump, Michael Flynn avait eu des échanges confidentiels avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, entre l'élection du milliardaire républicain et son entrée à la Maison Blanche. Devenu conseiller à la sécurité nationale, il avait été interrogé le 24 janvier 2017 par la police fédérale dans le cadre de l'enquête sur les ingérences russes dans la présidentielle, mais il avait dissimulé ces contacts. Il avait rapidement dû démissionner pour avoir également menti au vice-président Mike Pence.

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Michael Flynn avait accepté en 2017 de plaider coupable de parjure et de coopérer avec la justice. Mais il a changé d'avocats l'an dernier et de stratégie de défense: dès lors, l'ancien général s'est présenté comme la victime d'une manipulation politique et a demandé l'annulation de la procédure.

Ses avocats avaient récemment versé au dossier des notes d'un responsable du FBI conseillant les enquêteurs sur les moyens de mener l'entretien avec le général Flynn. «Quel est votre but ? L'admission de la vérité ou de le faire mentir pour que nous puissions le poursuivre ou le pousser à la démission ?», avait écrit cet agent non identifié. D'après des experts policiers, il s'agit d'une stratégie classique face à un suspect mais les défenseurs de Michael Flynn y ont vu la preuve d'un coup monté.

Une «parodie de justice» fustigée

Le président républicain a immédiatement salué cette décision. Michael Flynn «était innocent», a-t-il déclaré à des journalistes depuis la Maison-Blanche. «Il a été ciblé juste pour essayer de (me) faire tomber», a ajouté Donald Trump. Le milliardaire new-yorkais a toujours estimé que l'enquête sur les soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne lors de la présidentielle de 2016, était une «chasse aux sorcières» orchestrée par ses opposants.

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Plusieurs voix se sont immédiatement élevées, notamment dans les rangs démocrates, pour condamner une «parodie de justice». Le retrait du dossier d'accusation «ne blanchit pas» Michael Flynn, mais «incrimine Bill Barr: jamais le ministère de la Justice n'a été autant politisé», a tweeté l'élu démocrate Adam Schiff qui préside la commission du renseignement de la Chambre des représentants.

«Le ministère de la Justice fait fausse route», a renchérit l'ancien directeur du FBI James Comey, en appelant les agents du FBI à ne pas quitter le navire pour autant.