Donald Trump aurait ordonné en juin 2017 le renvoi du procureur spécial chargé de l'enquête russe, Robert Mueller, selon le New York Times, jeudi soir. Le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Don McGahn, lui aurait alors expliqué que cela aurait un«effet catastrophique» sur sa présidence. Ce n'est qu'après que Don McGahn a menacé de démissionner que Donald Trump se serait ravisé, selon le New York Times qui cite quatre sources anonymes. Le Washington Post a plus tard confirmé l'information auprès de deux sources anonymes. «Don McGahn n'a pas menacé directement Donald Trump de démissionner mais envisageait sérieusement cette menace, selon une personne proche des faits», précise le quotidien.

Le président américain Donald Trump a assuré mercredi qu’il était prêt à être interrogé par le procureur spécial Robert Mueller chargé de l’enquête sur une possible collusion entre son équipe de campagne et la Russie. «Je le ferai sous serment», a-t-il lancé, réaffirmant qu’il n’y avait eu aucune collusion.

«J’aimerais vraiment le faire», a-t-il insisté à quelques heures de son départ pour la Suisse où il doit participer au Forum économique mondial de Davos (WEF). Début janvier, Donald Trump avait jugé «improbable» qu’il y ait un entretien avec le procureur spécial.

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Si l’ingérence de Moscou dans l’élection présidentielle, notamment sous forme de piratages informatiques ou de diffusion de fausses informations, ne fait pas de doute aux yeux des services de renseignements, Robert Mueller enquête sur une éventuelle collusion entre l’équipe du président américain et Moscou.

Robert Mueller, qui fut patron du FBI de 2001 à 2013, a récemment inculpé plusieurs proches de Donald Trump, parmi lesquels le général Michael Flynn, qui fut son conseiller à la sécurité nationale. Ce dernier a plaidé coupable d’avoir menti au FBI et a accepté de coopérer avec la justice.

Les conditions du limogeage de James Comey

Au-delà de la collusion avec Moscou, Robert Mueller tente aussi de déterminer si le président américain s’est rendu coupable d’entrave à la justice.

Les investigations se concentrent en particulier sur les conditions dans lesquelles il a limogé en mai le directeur du FBI, James Comey. Selon ce dernier, qui a témoigné sous serment devant le Sénat, le président lui a personnellement demandé, lors d’un entretien dans le bureau ovale, d’enterrer l’enquête sur Michael Flynn.

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Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a été interrogé la semaine dernière par les services de Robert Mueller dans cette enquête. C’est apparemment la première fois qu’un membre du gouvernement du locataire de la Maison-Blanche est questionné dans le cadre de ces investigations ultrasensibles.