«Ras-le-bol»: les enseignants et personnels de l’Education nationale française, exaspérés par la valse des protocoles sanitaires, ont participé à une grève largement suivie jeudi. Ils ont aussi manifesté pour demander des réponses au gouvernement.

Près de 78 000 personnes (77 500) ont manifesté en France, dont 8200 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur, qui a recensé 136 actions dans tout le pays. La manifestation parisienne jeudi après-midi, s’est déroulée en présence notamment des candidats de gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo et Christiane Taubira.

Près de 40% des enseignants en grève

Près de 38,5% des enseignants étaient en grève dans les écoles maternelles et élémentaires, selon le ministère de l’Education, et 75% selon le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, qui a annoncé une école sur deux fermée et évoqué «une mobilisation historique».

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L’ensemble des syndicats de l’Education nationale, rassemblant enseignants mais aussi infirmières ou personnels de vie scolaire, rejoints – fait plus rare – par les inspecteurs et chefs d’établissements, ont appelé à cette mobilisation, dénonçant «une pagaille indescriptible» en raison des protocoles sanitaires.

Ils ont été reçus à leur demande par le Premier ministre Jean Castex au ministère de l’Education, en présence du ministre Jean-Michel Blanquer. Son collègue de la Santé Olivier Véran, tout juste testé positif au Covid, était connecté en visio-conférence. La rencontre était toujours en cours vers 20h15.

«C'est une garderie»

«Trois protocoles en dix jours, c’est n’importe quoi. On ment aux parents, car c’est une garderie qui est ouverte actuellement», a témoigné de son côté Anne Gau-Segonzac, 59 ans, directrice d’une école élémentaire de Montrouge (Hauts-de-Seine).

Pour Maxime, 20 ans, assistant d’éducation (AED) depuis deux ans au lycée Joliot-Curie de Nanterre (Hauts-de-Seine), «avec tout ce qu’on nous demande de faire pour la gestion de la crise sanitaire […], on ne peut plus assurer nos missions».

Parents d’élève en soutien

Une infirmière scolaire, en poste depuis 18 ans, raconte, elle, que «les conditions de travail sont devenues tellement difficiles depuis Noël qu'(elle) a pris la décision, (elle) jette l’éponge». «Je quitte l’Education nationale. Je repars vers l’hôpital où, même en pleine crise Covid, c’était moins pénible».

Au-delà des professionnels de l’éducation, les mouvements lycéens FIDL, MNL et La Voix lycéenne, ainsi que la FCPE, première organisation de parents d’élèves, avaient rejoint la mobilisation, et des parents ont affiché leur soutien à la grève.

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