La dernière bouffée de colère est venue des pêcheurs français. Lorsqu’une cinquantaine de leurs chalutiers se sont massés, le jeudi 6 mai, aux abords de l’île de Jersey, un semblant de guerre de la pêche s’est installé, illustré par l’arrivée sur place de deux navires de guerre britanniques. La Manche, nouveau théâtre des affrontements post-Brexit?

De retour à Saint-Malo hier, les patrons pêcheurs bretons nuançaient ce constat: «Il n’y a pas eu de grabuge et nous avons même eu la surprise de croiser des petits bateaux jersiais arborant des pavillons normands et bretons en guise de soutien», a raconté l’un d’entre eux, Victor Massu, au quotidien Ouest-France. Et pour cause: les menaces qui pèsent sur leur activité ne viennent pas seulement d’un côté. «Boris Johnson nous avait promis les droits de pêche sur tous les poissons qui nagent dans notre zone économique exclusive et nous n’en avons qu’une fraction», répétait au même moment à la télévision Andrew Locker, président de la Fédération britannique des organisations de pêcheurs. Difficile de trancher entre les réclamations des uns, habitués à pêcher librement dans les eaux anglaises plus poissonneuses, et la déception des autres, à qui les pro-Brexit ont vendu l’illusion d’une souveraineté maritime retrouvée. Les pêcheurs écossais se disent également lésés.