Ebrahim Raïssi dit ne pas vouloir négocier «pour le plaisir». Cela tombe bien: aucun des diplomates qui tentent depuis ce printemps de ranimer l’accord sur le programme nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPOA) ne le contredirait. Lundi, le président élu a néanmoins tenu à afficher sa fermeté. Le processus doit garantir «les intérêts nationaux iraniens». Le programme balistique de l’Iran et son rôle au Moyen-Orient ne sont «pas négociables». Quant à la question d’une éventuelle rencontre avec Joe Biden en cas de succès, elle a été accueillie par un «non» retentissant.

Pourtant, sur le fond, Ebrahim Raïssi s’est bien dit ouvert à la poursuite des négociations. «Son élection n’apporte à ce titre aucune inflexion à la position iranienne, analyse Agnès Levallois, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. Le dossier nucléaire est dans les mains du guide suprême, Ali Khamenei, et celui-ci souhaite que les négociations aboutissent.» A ses yeux, les durs au sein du régime ont conscience du besoin urgent d’un redécollage économique: «Le mécontentement populaire s’est traduit par une abstention record lors de l’élection présidentielle, et cela constitue un handicap majeur pour l’équipe qui prendra ses fonctions en août. Une levée des sanctions, accompagnée d’une embellie économique, lui conférerait la légitimité que les urnes ne lui ont pas donnée.»