Le remplacement de simples cartes mémoire fera-t-il la différence? Alors que l’Iran risquait fort d’être condamné cette semaine par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), un accord de dernière minute a permis de sauver les meubles. Le nouveau gouvernement de Téhéran devrait accepter le remplacement du matériel qui enregistre les données relatives à son programme nucléaire (dont les fameuses cartes mémoire arrivées à saturation). Mais cette entente ne dit encore rien sur la volonté du pouvoir iranien de relancer les discussions en vue de renouer l’accord de Vienne sur le nucléaire, conclu en 2015 et dénoncé par l’Américain Donald Trump en 2018.

Le directeur de l’AIEA, l’Argentin Rafael Grossi, donnait lundi encore une nouvelle preuve de son pragmatisme. Chargée de surveiller le programme nucléaire iranien, son agence vient de publier deux rapports très sévères à l’égard de Téhéran, soupçonné d’entraver le travail des inspecteurs. Or la question, qui doit être débattue cette semaine à Vienne par le conseil des gouverneurs de l’AIEA, menaçait de faire exploser tout le processus. En effet, si un texte sanctionnant l’Iran avait été adopté, c’en était sans doute terminé des chances de voir les Iraniens et les Américains reprendre leurs discussions, arrêtées depuis juin dernier.