Ecouter Jean Ziegler faire son show devant la Commission des droits de l'homme, c'est comprendre un peu mieux pourquoi les États-Unis cherchent à le déposséder de ses attributs onusiens. Mercredi, devant la commission, le rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation n'avait pas de mots assez chaleureux pour ces «régimes progressistes» d'Amérique latine qui luttent contre la pauvreté: le Brésil du président Lula et, surtout le Venezuela et Cuba, deux bêtes noires de l'administration américaine, dont les représentants n'ont pas officiellement réagi hier. Le représentant cubain, lui, ne s'en est pas privé, profitant de l'aubaine pour encenser le «courage politique» et la «rigueur scientifique» du rapport, imité par son homologue égyptien qui y a vu un document «hardi et stimulant». La Chine, elle, a évoqué sobrement le «grand intérêt» avec lequel elle avait écouté la présentation, signe évident qu'elle ne faisait pas l'unanimité.