Neymar soutient Bolsonaro

Le footballer Neymar a déclaré son soutien au président sortant Jair Bolsonaro, dans une vidéo publiée jeudi sur TikTok.

L'attaquant du PSG, qui compte plus de huit millions d'abonnés sur TikTok et près de 180 millions sur Instagram, y mime en souriant une chanson qui appelle à voter Bolsonaro. Un soutien de poids pour le chef de l'Etat.

Le chef de l’Etat d’extrême droite Jair Bolsonaro brigue un deuxième mandat au Brésil, quatre ans après être arrivé au pouvoir en promettant de ne pas céder un centimètre de terre de plus aux indigènes. Pour la candidate à la Chambre des députés Sonia Guajajara, sa politique n’était rien de moins qu’un «génocide institutionnalisé». Mme Guajajara, citée sur la liste des personnes les plus influentes du monde du magazine Time, pointe le soutien de Bolsonaro aux activités agricoles ou minières au détriment de la forêt et sa volonté de régulariser les invasions y compris dans des zones protégées comme les réserves indigènes.

«Il faut qu’on arrête d’être un pays de pédés»

Le 19 juillet 2019, après que l’Institut national de recherches spatiales (INPE) a fait état d’une augmentation de 88% de la déforestation en Amazonie en juin, par rapport au même mois de 2018, Jair Bolsonaro avait déclaré que «nous avons la sensation que les données (sur la déforestation) fournies à la presse ne correspondent pas à la réalité, qu’elles sont au service des ONG». Une déclaration polémique parmi d’autres, lui qui avait dit en pleine pandémie de Covid-19 ayant fait au moins 686 000 morts dans le pays: «Je suis désolé pour les morts. Nous allons tous mourir un jour. Ça ne sert à rien de fuir (le virus). Il faut qu’on arrête d’être un pays de pédés.»

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C’est à la tête du petit Parti libéral (PL) auquel il ne s’est affilié qu’en novembre dernier que le président sortant, auparavant capitaine de l’Armée puis député pendant vingt-sept ans, est candidat à sa succession. Né à Glicerio, dans l’intérieur rural de l’Etat de São Paulo (sud-est), Jair Bolsonaro a vu son mandat marqué par de nombreuses crises depuis janvier 2019, notamment avec les institutions telles que la Cour suprême. Il s’est attiré de fortes critiques de la communauté internationale pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 et surtout les incendies qui dévastent l’Amazonie.

Remake brésilien de l’assaut du Capitole?

Même si la première économie d’Amérique latine donne des signes d’embellie, Jair Bolsonaro souffre d’un taux de rejet de 52%, un record pour un président candidat à sa succession au Brésil. Mais il garde toujours un socle d’irréductibles qui adhèrent à ses valeurs ultra-conservatrices autour de Dieu, la patrie, la famille, et voient en lui le seul rempart contre les «communistes» du parti de Lula, le Parti des Travailleurs (PT), incarnation selon lui de la corruption endémique au Brésil. S’il perd, Jair Bolsonaro sera le premier président à trébucher depuis 1997, date à laquelle un 2e mandat a été autorisé. Selon le dernier sondage Datafolha, il recueille 33% des intentions de vote.

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Sur Telegram, les réseaux bolsonaristes mènent campagne pour expliquer que si leur champion n’est pas élu dès le 2 octobre, c’est que l’élection aura été frauduleuse. La crainte d’un remake brésilien de l’assaut du Capitole est dans tous les esprits. Bolsonaro a plusieurs fois attaqué violemment les institutions de la jeune démocratie brésilienne, telle la Cour suprême, et mené une virulente campagne contre les urnes électroniques, qui favoriseraient selon lui «la fraude».

Lula, phénix de la politique brésilienne

Quant à Luiz Inacio Lula da Silva, 76 ans, qui a passé 580 jours en prison pour corruption (2018-2019), il a, tel le phénix, fait un retour en force après l’annulation de ses condamnations et tente de décrocher un 3e mandat, après ceux de 2003-2010. Il est le favori des sondages depuis des mois, aujourd’hui avec 47% des intentions de vote.

Cireur de chaussures dans son enfance, Lula, natif de Caetés, dans l’Etat du Pernambouc (nord-est), est devenu métallo et dirigeant syndical à São Paulo. Il avait quitté la présidence en 2010 sur un taux record de satisfaction après avoir extrait près de 30 millions de Brésiliens de la pauvreté. Il a axé sa campagne sur la «reconstruction» d’un pays très divisé, promettant que plus aucun Brésilien n’aurait faim, ainsi que de lutter pour la préservation de l’environnement.

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