Pandémie, crise économique, soulèvements, guerres… Certains pays du monde arabo-musulman sont si mal en point qu’il était de toute façon difficile d’y trouver des fromages français dans les rayons des supermarchés. Trop chers. «Pour l’instant, le boycott (des produits français) est très circonscrit», confirmait mardi le ministre français délégué au Commerce extérieur, Franck Riester. Il n’empêche: en s’érigeant en défenseur de ses «frères musulmans» face à la France d’Emmanuel Macron, et en lançant cet appel au boycott, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, espère capitaliser sur le plan symbolique. La France, même si elle continuera à coup sûr d’exporter La Vache Qui Rit au Moyen-Orient, voit son image écornée. 

La liste des disputes entre les présidents français et turc commence à être singulièrement longue. Mardi, Franck Riester en évoquait quelques-unes à l’Assemblée nationale, en les mettant sur le compte de la volonté de la Turquie d’étendre «son rayonnement et son emprise».