Les entrepôts de stocks de nourriture du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été pillés à Port-au-Prince, la capitale haïtienne dévastée par un séisme mardi, a indiqué vendredi à Genève une porte-parole de l’agence onusienne. ««Nous ne savons pas exactement combien (de nourriture a été pillée) à ce stade. Nous essayons d’apporter les vivres que nous avons à disposition aux gens. Pour l’instant, ce que nous avons pu faire n’est qu’une goutte dans l’océan», , a expliqué la porte-parole Emilia Casella lors d’un point de presse. «Il va falloir les réapprovisionner». Mme Casella a estimé que ce genre de problème était «prévisible» dans des situations de catastrophe.

Le PAM prévoit une assistance alimentaire d’urgence pour deux millions d’Haïtiens totalement démunis après le séisme de mardi. Cette aide d’urgence est composée de kits, comportant notamment des biscuits très caloriques, qui permettent de se nourrir sans avoir à cuisiner, la plupart des personnes affectées ayant tout perdu, a-t-elle expliqué.

«Nous tentons d’amener de nouveaux stocks de nourriture vers les endroits où il y a des besoins. Nous devrons réapprovisionner», a poursuivi la porte-parole, selon laquelle le PAM a besoin de 100 millions de dollars pour financer l’aide alimentaire dans les trois mois à venir.

Le PAM étudie notamment la possibilité de mettre en place 200 cuisines collectives «dans les zones où se trouvent le plus grand nombre de personnes sans toit», qui pourraient permettre de confectionner les repas de 500 personnes par jour, a-t-elle ajouté.

Le PAM va ainsi continuer vendredi à distribuer des vivres à des milliers de personnes, en collaboration avec l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui distribue des bâches et des jerrycans notamment, à partir des quelques stocks encore disponibles sur place, a précisé Mme Casella..

Avant le tremblement de terre, le PAM apportait déjà une aide alimentaire à 1,5 million d’Haïtiens.

Pénurie de logements aussi

Selon l’ONU, quelque 300’000 personnes ont perdu leur logement à Port-au-Prince, où 10% des habitations sont détruites. Environ 30% des bâtiments de la capitale se sont effondrés ou ont été endommagés, selon l’agence onusienne de stratégie internationale de prévention de catastrophes naturelles.

Dans certaines zones, la moitié des constructions se sont effondrées ou ont été gravement endommagées, a également estimé la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti.