La valse des sanctions et des contre-sanctions entre les capitales occidentales et Moscou paraît désormais chose normale. Elle ne doit pourtant pas occulter un fait alarmant: jamais depuis 2014 et l'annexion de la Crimée la situation n’a été aussi tendue sur le flanc oriental de l’Europe. Comme un puzzle dont les pièces refuseraient obstinément de s’emboîter à la satisfaction de tous les joueurs, cette zone est tiraillée en tous sens. L’Ukraine, qui voit plus de 100 000 soldats russes se masser à ses frontières, réclame son intégration à l’OTAN. La Biélorussie, parcourue par une insurrection démocratique, vacille depuis des mois.

Vu de Moscou, les fortunes diverses de ses anciennes républiques soviétiques sont tributaires des ingérences des Occidentaux. Et Vladimir Poutine l’a dit à sa manière mercredi: la Russie répondra de façon «asymétrique, rapide et brutale» si ses «lignes rouges» étaient franchies. Lesquelles exactement? Le président russe ne l’a pas précisé, souhaitant garder un avantage tactique face à ses adversaires en les maintenant dans l’incertitude.