L’essentiel

Plus de 2000 opposants aux mesures sanitaires ont manifesté samedi à Berne, sous haute surveillance policière. Le rassemblement n’était pas autorisé.

Alain Berset envisage la fin du certificat covid. Le conseiller fédéral se montre toutefois prudent face à un virus «imprévisible».

 


■ D’après l’OMS, une fin de la pandémie «plausible» en Europe avec Omicron

Le variant Omicron, qui pourrait contaminer 60% des Européens d’ici mars, a amorcé une nouvelle phase de la pandémie de Covid-19 dans la région et pourrait la rapprocher de son dénouement, a estimé dimanche le directeur de l’OMS Europe

«Il est plausible que la région se rapproche d’une fin de la pandémie», a dit à l’AFP Hans Kluge, appelant toutefois à la prudence du fait de la versatilité du virus.


■ Plusieurs milliers de manifestants à Bruxelles contre les restrictions sanitaires

Plusieurs milliers de manifestants, venus pour certains d’autres pays européens, ont défilé dimanche à Bruxelles pour protester contre le pass sanitaire et les restrictions. Les participants à ce défilé, plus garni que de précédents cortèges, portaient des pancartes critiquant le Premier ministre Alexander De Croo ainsi que le pass sanitaire.

Des manifestations contre le certificat sanitaire – exigé pour accéder aux restaurants et aux événements culturels notamment – ont lieu régulièrement depuis plusieurs semaines dans la capitale belge. Certains des précédents rassemblements avaient été marqués par des heurts avec les forces de l’ordre.

Cette manifestation intervient alors que certains gouvernements s’acheminent vers une réduction des restrictions sanitaires, malgré la persistance du variant Omicron du Covid-19. Omicron est désormais dominant dans l’Union européenne et dans l’Espace économique européen, a annoncé l’agence de santé européenne vendredi.

La Belgique a connu un bond des cas quotidiens supérieur à 60 000 la semaine passée, les autorités évoquant un «tsunami». Mais les effets moins délétères du variant Omicron et un taux élevé de vaccination ont permis au système de santé d’être moins sous pression que lors des précédentes vagues. Dans ce contexte, le Premier ministre a annoncé vendredi que les restaurants et les bars pourraient allonger leurs horaires d’ouverture – les discothèques resteront, elles, fermées.


■ Pékin dépiste un quartier entier, à deux semaines des Jeux olympiques

La ville de Pékin a annoncé qu’elle dépisterait dimanche tous les habitants d’un quartier après la découverte d’un foyer épidémique, à moins de deux semaines du début des Jeux olympiques d’hiver dans la capitale chinoise.

La ville a signalé le week-end dernier un premier cas du très contagieux variant Omicron chez une personne ayant reçu une lettre du Canada qui, selon les autorités, portait des traces du virus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) juge cependant faible le risque d’infection par des surfaces contaminées.

Un deuxième foyer épidémique est lié à la souche Delta du coronavirus. Le district de Fengtai, situé dans le Sud de Pékin, est concerné. A titre préventif, les quelque deux millions d’habitants du quartier seront dépistés ce dimanche, a indiqué la municipalité, qui interdit aux personnes à risque de quitter Pékin. «Nous devons tout mettre en œuvre pour stopper la propagation (du virus) le plus rapidement possible, en prenant des mesures fermes, strictes et décisives», a justifié devant la presse un responsable, Xu Hejian.


■ Nouveau record d’infections en Russie

La Russie a annoncé dimanche un nouveau record quotidien de contaminations au coronavirus pour le troisième jour consécutif, une propagation due au variant Omicron très contagieux. Pays le plus endeuillé d’Europe par le Covid-19, la Russie a enregistré 63 205 nouveaux cas, après en avoir comptabilisé 57 212 samedi et 49 513 vendredi, selon les chiffres du gouvernement.

Le président russe Vladimir Poutine a averti la semaine dernière que son pays avait deux semaines pour se préparer avant d’être frappé à son tour par ce variant, appelant à accélérer le dépistage et la vaccination. La capitale Moscou, épicentre de l’épidémie dans le pays, a également enregistré un nouveau record, pour le quatrième jour d’affilée, avec 17 528 nouveaux cas.


■ Une alliance veut faire tomber les mesures sanitaires

Une alliance composée de l’Union suisse des arts et métiers (usam), d’autres associations de branches et de politiciens bourgeois veut demander mardi au Conseil fédéral de lever dès février la plupart des restrictions liées au coronavirus, comme l’obligation de présenter le certificat covid ou les limitations du nombre de personnes, indique la NZZ am Sonntag, s’appuyant sur plusieurs sources non nommées.

L’alliance trouve que la prolongation des mesures n’est pas acceptable pour l’industrie. Elle appelle aussi à un «Freedom Day» (journée de la liberté – jour où la plupart voire toutes les restrictions seront levées), sur le modèle d’autres pays. L’UDC s’engage également en faveur d’une telle journée et exige la suppression du port du masque obligatoire dès mars.


■ Les camps de ski souffrent en pleine cinquième vague

Cet hiver, environ un tiers des 360 camps de ski prévus ont été annulés en Suisse en raison d’Omicron. Rien qu’en décembre et janvier, sur plus de 100 camps scolaires réservés auprès de l’association Initiative sports de neige Suisse, 80% ont été annulés, expose son directeur Ole Rauch dans la SonntagsZeitung.

«Pour les élèves, c’est le deuxième voire le troisième hiver sans camp», regrette sa présidente Tanja Frieden, championne olympique en snowboard. Elle relève que, si cela continue ainsi, «tout un degré d’école secondaire» n’aura jamais participé à un camp de neige. Les camps sont actuellement fortement déconseillés par la Confédération. Celle-ci devrait donner son feu vert à partir de février pour des camps «en petits groupes de maximum deux classes».


■ Un épidémiologiste espère un été sans mesures généralisées

Les mesures anti-coronavirus pourraient n’être nécessaires plus que ponctuellement dès l’été, selon l’épidémiologiste Marcel Tanner. Si les gens respectent d’eux-mêmes les mesures dans certaines situations, les restrictions sanitaires étatiques pourraient être levées.

Après la vague Omicron, des mesures généralisées telles que le port du masque ou le certificat Covid 2G (vacciné ou guéri) ne seront plus nécessaires «si nous continuons à nous faire vacciner et injecter la dose de rappel», déclare l’ancien membre de la taskforce de la Confédération dans une interview publiée dimanche dans la SonntagsZeitung. Pour ce faire, la société et les individus doivent prendre leurs responsabilités.

Le virus ne va pas simplement disparaître, il y aura «toujours des flambées de coronavirus, peut-être même de petites vagues», poursuit Marcel Tanner. Mais il sera possible de les endiguer avec des «mesures ciblées ponctuelles et volontaires». L’épidémiologiste pense que la société écoutera les autorités si celles-ci arrêtent d’édicter des mesures strictes mais offrent à la place une perspective sur la manière dont la population peut revenir à la normalité avec des mesures simples et volontaires. «Toutes les épidémies l’ont montré jusqu’à présent.»