Le couple présidentiel défunt a été inhumé dimanche dans une crypte de la cathédrale du Wawel à Cracovie, un panthéon des héros nationaux polonais. Vingt-et-un coups de canons ont été tirés en l’honneur du couple présidentiel, après la pose de leurs dépouilles dans un sarcophage placé dans une crypte à proximité du tombeau de Jozef Pilsudski, le père de l’indépendance polonaise en 1918. Les deux dépouilles avaient quitté Varsovie dans la matinée, à bord d’un avion spécial qui volait à basse altitude - ce qui a permis d’échapper au nuage de cendres volcaniques venu d’Islande. Célébrée en la basilique Notre-Dame, la messe funèbre a débuté à 14 heures en l’absence de nombreux chefs d’Etat. Le président américain Barack Obama a renoncé au voyage en raison de la fermeture des espaces aériens de nombreux pays européens. Mais le président russe Dmitri Medvedev a pu atterrir en Pologne pour rendre hommage à son homologue mort en Russie le 10 avril dans un accident d’avion.

La chancelière allemande Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy et d’autres dirigeants et têtes couronnées se sont désistés.

Plusieurs dirigeants d’Europe centrale sont venus en voiture ou en train pour échapper au nuage de cendres volcaniques d’Islande qui a envahi le ciel d’Europe. Le président allemand Horst Köhler était présent.

Une messe funèbre a été dite en la basilique Notre-Dame richement ornée, au coeur de l’ancienne capitale de la Pologne, dans le sud du pays, en présence des hôtes étrangers.

»Cette catastrophe qui s’est produite il y a huit jours a éveillé de nombreux témoignages de bonté, des preuves de compassion et d’aide de la part de nos frères russes qui ravivent l’espoir d’un rapprochement et d’une réconciliation de nos deux nations slaves», a déclaré l’archevêque de Cracovie, Mgr Stanislaw Dziwisz, ancien secrétaire personnel de Jean Paul II.

»Voilà un objectif pour notre génération, nous devons avancer sur cette voie», a ajouté Mgr Dziwisz.

»Les tragédies peuvent susciter des émotions difficiles, mais très souvent elles rapprochent, et je pense justement que cela est nécessaire aux habitants de notre pays et aux Polonais», a déclaré pour sa part M. Medvedev en quittant la Pologne.

Le président polonais par intérim Bronislaw Komorowski a dit espérer que ce rapprochement amènerait la Russie à faire toute la lumière sur le massacre en 1940 de 22.000 officiers polonais sur ordre de Staline, qui a empoisonné les relations polono-russes: «Les paroles et les gestes du président ici présent à Cracovie et du Premier ministre russe (...) nous donnent l’espoir que nous allons connaître toute la vérité sur le crime de Katyn».

Le pape Benoît XVI a appelé les Polonais à «l’unité» et à «la coopération active avec les autres peuples», dans un message lu pendant l’office.

Le très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus a jugé «inexcusable» l’absence des dirigeants de l’UE aux obsèques. Quelque 150.000 personnes étaient rassemblées à Cracovie, selon la police. Les organisateurs avaient pourtant prévu jusqu’à un million de personnes.

Les dépouilles de Lech Kaczynski et de son épouse ont été acheminée sur des affûts de canon vers le château du Wawel. 21 coups de canons ont été tirés, après la pose de leurs dépouilles dans un sarcophage à proximité du tombeau de Jozef Pilsudski, le père de l’indépendance polonaise en 1918.

Dans la cité historique baignée de soleil, les gens étaient rassemblés le long du trajet du cortège et sur les places.

»Peu importe que des délégations étrangères se soient désistées. C’est un cas de force majeure. Ils ont fait preuve de bonne volonté et l’important est que les Polonais viennent nombreux», a estimé Jerzy, policier à la retraite.

»Nous sommes contents que Medvedev ait décidé de venir. Les Russes se comportent de manière exceptionnelle», a lancé Adam, venu tôt le matin avec sa femme et leurs trois enfants.

Les 96 passagers du Tupolev 154 du président polonais se rendaient à des cérémonies marquant le 70e anniversaire du massacre de Katyn, symbole des difficiles relations russo-polonaises et d’un mensonge entretenu pendant cinquante ans par l’URSS, qui avait accusé l’Allemagne nazie de ce crime.