L’opération de démantèlement des campements de migrants sans papiers près de Calais, annoncée la semaine dernière par le ministre de l’Immigration Eric Besson, a commencé ce mardi matin. Des cars de CRS ont commencé à encercler le camp peu avant 07H30.

Les migrants, au moins 150, selon les journalistes sur place, ont été prévenus par des mégaphones. Ils se sont aussitôt placés derrière des banderoles, préparées à l’avance et rédigées en anglais et en pachtoune. «Nous avons besoin d’un abri et de protection. Nous voulons l’asile et la paix. La jungle est notre maison», proclame l’une d’elles. Ils attendaient l’intervention des policiers, dans un grand silence, en présence d’une nuée de journalistes et de militants associatifs. Les migrants avaient allumé un feu de palettes toute la nuit, partageant thé et cigarettes avec les journalistes. Certains se sont endormis autour du feu, d’autres dans leurs cabanes.

Le fol espoir britannique

Devenue emblématique de la détresse des clandestins cherchant à tout prix à passer en Angleterre, qu’ils perçoivent comme un «eldorado», la «jungle» est située à proximité des axes empruntés par les poids lourds en attente d’embarquer sur les ferries qui traversent la Manche.

Entre 700 et 800 migrants, dans leur immense majorité de jeunes Afghans de l’ethnie pachtoune, y vivaient avant l’annonce de son prochain démantèlement par le ministre de l’Immigration, Eric Besson, le 16 septembre.

Selon les associations humanitaires, des centaines de migrants ont quitté la «jungle» au cours des dernières semaines pour échapper à l’arrestation.

Des mineurs en grands nombres

Un total de 278 migrants, dont 132 se déclarant mineurs, ont été interpellés dans la «jungle» de Calais mardi matin à l’issue de l’intervention, qui a duré deux heures, a indiqué le préfet du Pas-de-Calais Pierre de Bousquet de Florian. Selon l’entourage du préfet, un militant «No border», parmi ceux qui s’étaient interposés, a également été interpellé.

Les migrants majeurs ont été placés en garde à vue, alors que ceux qui se sont déclarés mineurs ont été placés dans des «centres spécialisés», a précisé le préfet, au cours d’un point de presse sur place.

Une deuxième phase de l’opération va pouvoir commencer avec le déblaiement de toutes les installations de fortune où ont vécu jusqu’à 800 migrants à la fois, depuis la fermeture du centre de la Croix Rouge de Sangatte (Pas-de-Calais) en 2002.