Erdogan aime les femmes mais pas les médias

L’histoire

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a remis l’église au milieu du village: contrairement à ce qu’en ont dit des journalistes malintentionnés, il aime les femmes, et pour cette raison, il prône non pas l’égalité mais l’équivalence. Cet éclaircissement vient à la suite du discours qu’il a tenu lundi lors d’une conférence à Ankara face à un parterre de femmes et repris par la presse turque et internationale: «Notre religion a défini une place pour les femmes dans la société: la maternité», avait-il lancé. «Certaines personnes peuvent le comprendre, d’autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu’elles n’acceptent pas l’idée même de la maternité.» Ces propos ont fait le tour du monde et provoqué un tollé d’indignation aussi bien parmi l’opposition turque que parmi les organisations de défense des droits de l’homme et de la femme.

Mercredi, face à des hommes d’affaires stambouliotes, Recep Tayyip Erdogan n’a pas corrigé ses paroles, mais a précisé que «personne ne peut me diffamer entendu que je lutte pour les droits des femmes à travers mon combat politique depuis plus de quarante ans». Puis il est passé à la charge contre l’une de ses cibles privilégiées: les journalistes qui «mentent, insultent et sont hypocrites. Il ne leur manque qu’une seule chose: l’honnêteté.» Le président turc a enfoncé le clou jeudi pour fustiger ceux qui ont osé le railler: «Il y a juste deux semaines, j’ai dit que les musulmans avaient découvert l’Amérique avant Christophe Colomb. Depuis, je suis la cible de violentes critiques de la part des médias occidentaux», a-t-il déploré: «Simplement parce que j’ai répété un fait fondé sur la recherche scientifique, j’ai été critiqué par les médias occidentaux et les étrangers qui vivent en notre sein et qui souffrent d’un problème d’ego.»