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Les trois dirigeants se sont réunis à Istanbul ce mercredi 4 avril.
© Rasit Aydogan/Anadolu Agency/Getty Images

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Erdogan, Poutine et Rohani s'engagent pour un cessez-le-feu durable

Lors de leur sommet trilatéral consacré à la Syrie, les trois dirigeants ont souligné leur volonté de parvenir à un règlement du conflit

Les présidents russe, iranien et turc se sont engagés mercredi à Ankara à coopérer en vue de parvenir à un «cessez-le-feu durable» en Syrie, où les trois pays se sont imposés en maîtres du jeu. Depuis 2011, la Syrie est ravagée par un conflit qui a fait plus de 350’000 morts.

Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Hassan Rohani se sont réunis pour tenter d’avancer vers un règlement du conflit. La rencontre est survenue alors que les Etats-Unis sèment le doute sur un éventuel retrait de leurs troupes, soit 2000 soldats.

Décision américaine

Le chef du renseignement américain Dan Coats a annoncé mercredi que l’administration Trump a pris une décision sur l’avenir de la présence militaire américaine en Syrie et l’annoncerait «bientôt». Le président américain a plusieurs fois exprimé son souhait de retirer rapidement les troupes américaines venues lutter contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Dans un communiqué publié à l’issue du sommet d’Ankara, les trois dirigeants ont notamment souligné leur volonté d'«accélérer leurs efforts pour assurer le calme sur le terrain et protéger les civils dans les zones de désescalade et de faciliter un accès rapide de l’aide humanitaire à ces zones.»

Poutine dénonce un manque d’action

Moscou et Téhéran, qui soutiennent Damas, et Ankara, qui appuie des rebelles syriens, sont les parrains du processus d’Astana. Ce dernier a notamment permis la mise en place de quatre «zones de désescalade», censées réduire les affrontements en Syrie.

M. Poutine a dénoncé un manque d’action de la communauté internationale pour trouver un règlement au conflit syrien. «Personne ne fait pratiquement rien, sauf l’Iran, la Turquie et la Syrie», a-t-il lancé lors d’une conférence de presse. «Nous voyons de petites livraisons de l’aide humanitaire de la part de l’ONU, mais cela ne suffit résolument pas», a-t-il ajouté.

Opérations militaires

M. Erdogan a mis l’accent sur les opérations militaires menées par la Turquie dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Celle-ci est considérée comme terroriste par Ankara mais alliée de Washington dans la lutte contre l’EI.

«Nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir fini de sécuriser ces régions, notamment Minbej», a-t-il dit. Il faisait référence à une ville stratégique dans le nord de la Syrie où des soldats américains sont stationnés aux côtés des YPG. M. Rohani a pour sa part affirmé que «l’avenir de la Syrie (appartenait) aux Syriens.»

En dépit de la coopération qu’ils ont nouée, la quête de la Turquie, la Russie et de l’Iran vers un règlement du conflit syrien patine notamment du fait de leurs intérêts contradictoires. Ces trois pays divergent aussi sur le sort de M. Assad. Signe de ces divisions, M. Rohani a estimé dans son discours que la ville d’Afrine, arrachée par Ankara aux YPG le mois dernier, «devrait être transférée au contrôle de l’armée syrienne.»

Sommet prévu à Téhéran

La dernière rencontre entre les trois dirigeants sur le dossier syrien a eu lieu le 22 novembre à Sotchi, aboutissant à un Congrès national syrien dans la station balnéaire russe. Cette conférence s’est toutefois soldée par un échec retentissant. Un troisième sommet, dont la date reste à déterminer, aura lieu à Téhéran, selon le communiqué publié à Ankara.

Grâce au soutien de Moscou et Téhéran, le régime d’Assad a réussi à reprendre plus de la moitié du territoire syrien. Dans l’autre camp, Ankara a aidé des rebelles acquis à sa cause à mettre la main sur de larges pans de territoire dans le nord du pays à la faveur de l’offensive turque contre les YPG.

«Zone de désescalade»

Mais le sort de la province rebelle d’Idleb (nord-ouest de la Syrie) pourrait mettre la coopération entre Ankara, Moscou et Téhéran à l’épreuve. Surtout si le régime décide de s’y attaquer.

Cette région, qui est actuellement dominée par les djihadistes de l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, est une «zone de désescalade» dans laquelle la Turquie a établi plusieurs postes d’observation.

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