L'attaque de samedi soir à Isanbul a été revendiquée par un groupe radical kurde, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK). Le chef de l'Etat turc a promis que la Turquie lutterait «jusqu'au bout contre cette malédiction qu'est le terrorisme».

«Nous n'allons pas laisser (cet attentat) impuni. Ils paieront un lourd tribut», a ajouté devant la presse M. Erdogan, qui a annulé un voyage au Kazakhstan. Son premier ministre Binali Yildirim a de son côté ordonné la mise en berne des drapeaux.

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Au moins 30 policiers, sept civils et une personne non identifiée ont été tués et 155 personnes blessées par les déflagrations, selon les autorités qui évoquent «deux attaques liées».

Revendication kurde

De nombreux Turcs déposaient des fleurs dimanche matin sur les lieux des deux attaques. Le cratère creusé par l'explosion de la voiture piégée avait été comblé.

Les TAK, un groupe radical dissident du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont revendiqué dimanche ce double attentat qui s'est produit dans un quartier très fréquenté et touristique d'Istanbul situé sur le Bosphore.

Deux membres des TAK «ont mené avec méticulosité (...) la double attaque simultanée qui s'est produite le 10 décembre 2016 à 22h30 devant le stade Vodafone Arena et (le parc) Maçka», a affirmé le groupe dans un communiqué. «Nos deux camarades sont héroïquement tombés en martyrs dans cette attaque», a-t-il ajouté.

Longue vague d'attentats

Les autorités turques avaient rapidement désigné le PKK comme l'auteur de ce double attentat, dernier d'une longue vague qui a frappé la Turquie depuis l'été 2015.

Les TAK ont ajouté qu'ils dévoileraient l'identité des deux membres qui ont perpétré l'attaque «dans les jours qui viennent». Le groupe radical kurde fait état d'un bilan de «près de cent policiers tués et des centaines d'autres blessés».

Les Faucons de la liberté du Kurdistan ont déjà revendiqué plusieurs attentats cette année: un attentat-suicide à Ankara en février (28 morts), une attaque dans la capitale le 13 mars (34 morts) et un attentat à la voiture piégée le 7 juin à Istanbul (11 morts).

Quartier touristique

Le double attentat a frappé un quartier touristique d'Istanbul, situé entre l'emblématique place Taksim et l'ancien palais de Dolmabahçe, qui abrite les bureaux stambouliotes du premier ministre.

Selon le ministre de l'intérieur Süleyman Soylu, les explosions se sont produites à 22h29, après le départ des supporters ayant assisté au match qui opposait samedi soir Besiktas - le club du Suisse Gökhan Inler - à Bursaspor à la Vodafone Arena.

Une voiture piégée a visé un car de transport des forces antiémeutes près du stade et un kamikaze s'est fait exploser moins d'une minute plus tard au milieu d'un groupe de policiers dans un parc voisin, selon les autorités. M. Soylu a annoncé que treize personnes avaient été placées en garde à vue en lien avec ce double attentat.

Istanbul et plusieurs autres villes turques ont été frappées cette année par une série d'attentats revendiqués par la mouvance séparatiste kurde et d'autres attribuées aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Condamnations mondiales

L'ambassade des Etats-Unis à Ankara a condamné sur Twitter une «attaque lâche» et assuré se tenir «aux côtés du peuple turc contre le terrorisme». «La France apporte son plein soutien à la Turquie dans cette nouvelle épreuve», a déclaré son président François Hollande, tandis que le Royaume-Uni s'est dit «déterminé à travailler avec la Turquie pour combattre le terrorisme».

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a pour sa part envoyé un message de condoléances et d"amitié à son homologue turc Mevlüt Cavusoglu, selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

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