Il n’a pas encore déclaré sa candidature. Il n’est encore, de son propre aveu, qu’un «candidat au débat». Mais les médias français, eux, ont déjà tranché. Couverture de l’hebdomadaire Paris Match en maillot de bain, pour illustrer une prétendue relation adultère avec une collaboratrice; rediffusion en boucle par BFM TV de son débat du 23 septembre avec Jean-Luc Mélenchon, crédité de 3,8 millions de téléspectateurs; reportages en direct sur son entrevue le lendemain à Budpaest avec le premier ministre hongrois Viktor Orban, en marge d’un sommet «démographique» conçu pour dénoncer le danger migratoire… Eric Zemmour n’a même plus besoin d’ouvrir la bouche. Ses records d’audience, et l’adéquation supposée de ses thèses avec l’opinion d’une bonne partie des Français (un sur cinq a une bonne opinion de lui, de même que 40% des électeurs de droite selon le baromètre Elabe-Les Echos), lui valent une couverture médiatique de quasi-favori dans la course présidentielle. Alors que les sondages, pour l’heure, lui accordent entre 8 et 11% d’opinions favorables.