Pour couper les routes de l’exil en provenance de l’Erythrée, l’une des pires dictatures de la planète, l’Union européenne (UE) finance d’autres routes pour que les Erythréens restent chez eux. Ce projet pilote, validé en janvier 2019 et doté de 20 millions d’euros, vient d’être étendu avec une rallonge budgétaire de 60 millions d’euros. Il s’agit de reconstruire les communications terrestres entre l’Ethiopie enclavée et le port érythréen de Massawa et ainsi consolider l’accord de paix de juin 2018 signé entre les deux anciens ennemis.

Problème: les travailleurs sur les chantiers de ces «routes de la paix» proviennent, entre autres, de la conscription nationale. Dès l’âge de 18 ans, parfois plus tôt, tous les Erythréens et les Erythréennes sont enrôlés de force pour une durée indéterminée. C’est l’une des principales raisons qui poussent les jeunes à fuir le pays pour demander et, le plus souvent, obtenir l’asile en Europe.