Le lanceur d'alerte franco-italien à l'origine des SwissLeaks Hervé Falciani, arrêté mercredi en Espagne à la demande de la Suisse, a été libéré jeudi dans l'attente de l'examen de ce mandat d'arrêt, a-t-on appris de source judiciaire.

Hervé Falciani a du remettre son passeport et s'est vu interdire de quitter l'Espagne. Il devra se présenter une fois par semaine devant un tribunal. A Berne l'Office fédéral de la justice (OFJ) a confirmé jeudi avoir demandé officiellement à l'Espagne l'extradition d'Hervé Falciani.

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Condamné par contumace

Le lanceur d'alerte français est à l'origine de révélations sur un système d'évasion fiscale organisé par la filiale suisse de HSBC. L'ancien informaticien avait été condamné en novembre 2015 à une peine de 5 ans de prison ferme. Il avait été reconnu coupable de service de renseignements économiques par le Tribunal pénal fédéral (TPF). Durant son procès à Bellinzone, il était resté en France, déclarant n’avoir aucune confiance en la justice helvétique.

Hervé Falciani avait copié les données de clients de son ancien employeur, la banque HSBC, avant de les rendre accessibles à des entreprises privées et à des organismes de plusieurs pays, notamment de France, de Grande-Bretagne et d’Allemagne. La divulgation de ces données a eu un impact sans précédent. Elle a permis à un consortium de plusieurs médias de révéler que près de 120 milliards de dollars auraient transité par la banque HSBC dans le but d’échapper à l’impôt ou pour être blanchis via des sociétés écrans.

Précédente arrestation en Espagne

Hervé Falciani avait déjà été arrêté en 2012 à Barcelone, dans le nord de l’Espagne, et détenu pendant plusieurs mois, à la suite d’une demande d’extradition. Mais la justice espagnole ne l’avait pas remis à la Suisse. Il aurait en même temps collaboré avec le parquet anti-corruption.

L’Audience nationale, juridiction espagnole normalement saisie des dossiers d’extradition, ne disposait pas d’information en fin de journée.

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