Le conflit catalan incendie une fois de plus le spectre politique national. Mercredi, au cours d’un débat parlementaire électrique, les principales forces ont montré à quel point le sujet polarise et divise. Après sa rencontre mardi avec le nouveau chef de l’exécutif catalan, l’indépendantiste Pere Aragonès, le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, a tenu à dissiper les rumeurs: «Tant que je dirigerai le Parti socialiste, jamais il n’y aura de référendum d’autodétermination en Catalogne.» Une façon de montrer que l’actuel rapprochement entre le pouvoir central à Madrid et les séparatistes à la tête de la Catalogne a ses limites.

La semaine dernière, dans le but avoué de «favoriser la concorde» dans cette région de 7,5 millions d’habitants dont la moitié se déclare sécessionniste, Pedro Sanchez avait gracié neuf leaders indépendantistes, condamnés à des peines de prison allant jusqu’à 13 ans pour avoir organisé le référendum d’autodétermination illégal d’octobre 2017. Une «mesure scélérate» aux yeux de l’opposition de droite estimant que ce pardon constitue une reddition de l’Etat espagnol «face au putschisme» des indépendantistes.