«La Commission demande un engagement clair de la part des Etats-Unis quant au respect du droit fondamental de tous les citoyens européens à la protection de leurs données personnelles», a affirmé mardi au Parlement européen le commissaire chargé de la Santé, Tonio Borg, s’exprimant au nom de la Commission européenne, devant un hémicycle quasiment vide.

Les citoyens européens doivent bénéficier des mêmes droits que les citoyens américains, a dit en substance M. Borg. «La commissaire chargée de la Justice, Viviane Reding, va évoquer ce dossier avec les autorités américaines» lors d’une rencontre prévue entre la Commission européenne et le gouvernement américain vendredi à Dublin, a-t-il dit. Elle le fera avec «fermeté et détermination», a-t-il promis.

Interrogations autour de Prism

«Nous allons demander des éclaircissements et si l’accès à des données personnelles dans le cadre du programme Prism se limite à des cas individuels reposant sur des soupçons fondés et spécifiques ou s’il s’agit d’un transfert de données en vrac», a-t-il dit. M. Borg réagissait aux informations diffusées la semaine dernière par le Washington Post et le Guardian qui ont révélé l’existence du programme Prism, qui permettrait aux services de renseignement américains de surveiller les données circulant sur les serveurs des grands groupes informatiques comme Google et Facebook.

Comme la commissaire chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui s’était déjà exprimée sur le sujet vendredi, M. Borg a confirmé «la préoccupation» de la Commission concernant ce programme. Les programmes comme Prism «mettent en danger le droit fondamental à la protection et à la confidentialité des données des citoyens européens», a dit M. Borg.

Entre 2007 et 2011, les sites de Microsoft, Google, Yahoo!, Facebook, YouTube, Skype, AOL et Apple ont commencé à être intégrés dans un programme secret de l’Agence nationale de sécurité (NSA) pour que ses analystes puissent consulter directement et en temps réel les courriels envoyés sur Hotmail ou Gmail, ainsi que toutes conversations, photos, vidéos et chats internet sur ces sites.

L’existence de ce programme Prism a été défendue par le président américain, Barack Obama, qui a indiqué qu’il «ne s’appliquait pas aux citoyens américains» ni aux «personnes qui vivent aux Etats-Unis». Il a défendu la nécessité d’un «compromis» entre la «sécurité» des Américains et «la protection de la vie privée».