Estonie

En Estonie, les libéraux remportent les législatives

Ces élections ont été marquées par une nette percée de l'extrême droite (EKRE), qui obtient 17,8% des suffrages. Son entrée dans une coalition gouvernementale paraît toutefois improbable

La Réforme, le principal parti libéral estonien conduit par l'ancienne députée européenne Kaja Kallas, a remporté les législatives de dimanche, selon des résultats complets rendus publics par la commission électorale. La participation à 15 heures - dernier chiffre connu - a avoisiné 60%.

Actuellement dans l'opposition, la Réforme s'octroie 28,8% des voix. Elle est suivie par le parti du Centre du Premier ministre sortant Juri Ratas avec 23%. La formation d'extrême droite eurosceptique EKRE parvient à plus que doubler son score d'il y a quatre ans et obtient 17,8% des suffrages. Mais son entrée dans une coalition gouvernementale paraît improbable, faute de partenaires.

Les électeurs ont voté dans le calme pour ces législatives et la police n'a signalé que quelques incidents mineurs à la fermeture des bureaux de vote à 19 heures.

Une campagne électorale portée sur les impôts et les salaires

La progression d'EKRE est conforme à la tendance européenne, observait Lauri, un électeur travaillant dans la publicité: «Il y a de nos jours un tel courant en Europe de l'Ouest, quand on regarde les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, peut-être même la France. Je ne soutiens pas ce genre de populisme», a-t-il expliqué à l'Agence France-Presse (AFP).

EKRE promet de réduire l'impôt sur le revenu et les taxes et développe une rhétorique nationaliste anti-migrants. Pour Kristo Siig, qui prépare un doctorat, le prochain gouvernement devrait augmenter les fonds pour l'éducation et la recherche afin que l'Estonie «brise le plafond de glace» et rejoigne les pays riches.

La campagne électorale, plutôt terne, a porté sur des problèmes de tous les jours, tels que les impôts et les salaires, ainsi que sur les tensions autour de l'enseignement en russe pour l'importante minorité russophone et la fracture entre villes et campagnes.

Deux partis en tête pro-européens

Avec cinq formations au parlement, la mise en place d'une coalition risque de s'avérer complexe. Le Centre et la Réforme, des adversaires traditionnels, ont alterné au pouvoir et même gouverné parfois ensemble depuis que l'Estonie s'est affranchie de l'emprise soviétique, il y a plus d'un quart de siècle. Tous deux soutiennent l'Union européenne et l'Otan et ont bien maîtrisé la dépense publique, donnant à l'Estonie le plus bas ratio dette/PIB de la zone euro.

Le Centre s'est engagé à augmenter les retraites de 8,4% et à remplacer le taux unique d'impôt sur le revenu, qui est de 20%, par un système progressif par tranches pour augmenter les recettes de l'Etat.

La Réforme, plus proche des milieux d'affaires, voudrait augmenter la part du revenu mensuel exemptée d'impôt et réduire la cotisation d'assurance chômage. Le taux de chômage évolue au-dessous de 5%, tandis que la croissance devrait atteindre 2,7% cette année, après 3,9% en 2018.

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