Imaginez la scène: Joe Biden au bord d’une piscine. Jusqu’ici rien d’extraordinaire: le démocrate, seul à affronter Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche, a été gardien de piscine, à Wilmington, dans le Delaware, dans les années 1960. Mais imaginez-le en costume de gala, un bouquet de roses à la main, avec un nuage de prétendantes qui s’avance vers lui. Et il doit faire un choix. Comme dans l’émission de téléréalité The Bachelor. Alors, oui, le confinement stimule peut-être un peu l’imagination, et en matière de politique spectacle le candidat démocrate n’arrive clairement pas à la cheville du locataire actuel de la Maison-Blanche, mais Joe Biden a bien un choix à faire. Un choix crucial. Celui d’une future vice-présidente, qui l’épaulera s’il remporte l’élection le 3 novembre.

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Il a promis d’avoir une femme sur le ticket. Et elles sont plusieurs à se presser au portillon, à lui faire comprendre plus ou moins subtilement qu’elles lui diraient oui. La sénatrice Elizabeth Warren vient de le faire très directement, sur MSNBC. Et Stacey Abrams, qui a brigué le poste de gouverneur de Géorgie en 2018, lui a presque déclaré sa flamme dans le magazine Elle. Joe Biden a aussi évoqué Gretchen Whitmer, gouverneure du Michigan. Les noms de Susan Rice, ex-conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama, des sénatrices Tammy Baldwin (Wisconsin), première élue LGBT au Congrès, Amy Klobuchar (Minnesota) et Kamala Harris (Californie), ex-candidates à la présidentielle, reviennent aussi souvent. Keisha Lance Bottoms, maire d’Atlanta, apparaît également sur certaines «listes». Tout comme Tammy Duckworth, sénatrice de l’Illinois, amputée des deux jambes après un accident d’hélicoptère en Irak en 2004.

Alors? Jeunes, moins jeunes, Blanches, Noires, plus à gauche ou à droite que lui: les profils sont variés. Comme dans The Bachelor, Joe Biden peut s’organiser des petits moments privilégiés (ou castings déguisés) avec chacune des prétendantes. ll en a déjà invité plusieurs dans son podcast de campagne. Comme dans The Bachelor, des surprises ne sont pas exclues: et si tout d’un coup, une candidate surgissait de nulle part? Comme dans The Bachelor, il peut aussi y avoir des frustrations. Le démocrate n’a-t-il pas, dans une interview à une radio locale, souligné qu’il choisirait «sans hésitation» Michelle Obama, qui n’est pourtant a priori pas intéressée?

Lors de sa récente participation au Late Show with James Corden, Joe Biden, interrogé depuis sa cave, n’a donné aucun nom. Ou plutôt si, un seul: celui de l’actrice Julia Louis-Dreyfus, star de la bien nommée série… Veep (diminutif de vice-président en anglais). Passé la plaisanterie, celui qui est lui-même un ex-veep a précisé qu’il lui fallait quelqu’un capable de le compléter, de combler ses faiblesses, et surtout d’être en mesure, si nécessaire, d’endosser du jour au lendemain les habits de président. Car c’est finalement bien à cela qu’un vice-président sert avant tout.

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’égérie des démocrates «socialistes», la New-Yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, la plus jeune élue du Congrès, n’entre pas en ligne de compte. Elle n’aura 35 ans, l’âge minimum pour pouvoir prétendre à la présidence, qu’en octobre 2024.