C’est en octobre 2009 que le nouveau gouvernement grec «découvre» l’ampleur de l’endettement du pays. Sous la pression des agences de notation – qui abaissent une après l’autre la note souveraine grecque – et des marchés, le premier ministre Georges Papandréou présente deux mois plus tard un premier plan d’austérité articulé sur plusieurs points: frein aux coûts de fonctionnement de l’Etat, augmentation des impôts, gel des salaires et des embauches de fonctionnaires.

Le programme d’austérité apparaît rapidement insuffisant pour rassurer les marchés et limiter l’envolée des taux d’intérêt perçus sur la dette grecque. Début mai 2010, alors que l’Union européenne décide du premier plan de sauvetage, la Grèce est contrainte d’adopter une nouvelle salve de mesures. Réforme des retraites et baisse des salaires dans la fonction publique doivent permettre d’économiser 30 milliards d’euros (36,6 milliards de francs) en trois ans. Parmi les mesures, la TVA, à 21%, doit passer à 23%, tandis que les impôts sur les carburants augmentent. De 2009, le déficit public passe ainsi de 15,4% du PIB à 9,4% en 2010, mais reste loin de l’objectif de 3%, qui correspond aux exigences du Traité de Maastricht. La dette publique atteint 130% du PIB en 2010 et devrait frôler 140% en 2011, selon les estimations du FMI.

Un autre programme d’économies est amorcé au printemps 2011. En juin, le parlement vote le plan de justesse, alors que les manifestations s’intensifient. Athènes compte sur des hausses d’impôts et une réduction des dépenses sociales et des effectifs de la fonction publique pour récupérer 28 milliards d’ici à 2015. En parallèle, entreprises de télécommunications, ports, aéroports, banques et poste sont entraînés dans la vague des privatisations, dont le gouvernement espère tirer 50 milliards, encore hypothétiques.

Puis, en septembre dernier, Athènes opte pour une nouvelle taxe immobilière. Elle prévoit également de diminuer encore les effectifs de la fonction publique. Des licenciements deviennent possibles.

Des mesures de rigueur qui ont été trop loin? «Non, selon Jan Poser, chef économiste à la Banque Sarasin. Les protestations sont moins liées à la sévérité des mesures qu’à une lutte entre groupes d’intérêt sur qui doit payer combien.» Le fait que les riches «semblent mieux s’en tirer» explique les émeutes, poursuit-il.