Donald Trump a annoncé jeudi le retrait américain du traité «Ciel ouvert» (Open Sky en anglais) qui permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.

«La Russie n'a pas respecté le traité», a déclaré le président américain. «Donc tant qu'ils ne le respecteront pas, nous nous retirerons», a-t-il ajouté, confirmant ainsi des informations du New York Times. Il n'a pas fermé la porte à une renégociation de ce traité signé par 35 pays. «Je pense que ce qui va se passer, c'est que nous allons nous retirer et ils vont revenir et demander à négocier un accord», a-t-il dit. «Nous avons eu de très bonnes relations récemment avec la Russie.»

Selon un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, la Russie «viole continuellement et de façon flagrante ses obligations selon le traité Open Sky et l'applique d'une façon qui menace les Etats-Unis, ainsi que nos alliés et partenaires».

Moscou accusé de violer le traité

Dans un communiqué, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Robert O'Brien, a souligné que les Etats-Unis «ne resteraient pas signataires de traités internationaux qui sont violés par les autres parties et qui ne sont plus dans l'intérêt de l'Amérique». Il a cité les deux traités dont les Etats-Unis se sont retirés récemment: le traité sur le programme nucléaire iranien et le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée.

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«Nous sommes prêts à négocier avec la Russie et la Chine sur un nouveau cadre de contrôle des armements qui aille au delà des structures du passé datant de la Guerre Froide et qui permette de garantir la sûreté du monde», a conclu Robert O'Brien.

Les Etats-Unis ont accusé à plusieurs reprises la Russie de violer le traité «Ciel ouvert». «Cela fait des années qu'ils trichent», avait ainsi noté le ministre américain de la Défense Mark Esper début mars lors d'une audition au Congrès.

Berlin appelle Washington à «reconsidérer» sa décision

Après cette annonce, les ambassadeurs des pays membres de l'Otan ont été convoqués vendredi pour une réunion d'urgence, rapporte une source diplomatie. L'Allemagne a, de son côté, appelé les Etats-Unis à «reconsidérer» leur décision.

«Avec nos partenaires, nous allons nous investir pour que le gouvernement américain reconsidère sa décision», a déclaré le ministre des affaires étrangères Heiko Maas dans un communiqué, ajoutant que la France, la Pologne et le Royaume-Uni avaient «à plusieurs reprises» expliqué à Washington que les «difficultés d'application du traité du côté de la Russie ces dernières années» ne «justifiaient pas» un retrait.

«Je regrette profondément l'annonce», a expliqué Heiko Maas, estimant que le traité «contribue à la sécurité et à la paix sur la quasi totalité de l'hémisphère nord» et serait «affaibli» par un retrait américain. Il a également appelé la Russie à «revenir à l'application complète» de l'accord.