Proche-Orient

Les Etats-Unis bénissent les colonies israéliennes

L’administration Trump met fin à quarante ans de pratique et ne considère plus comme illégales les colonies israéliennes établies dans le territoire palestinien occupé. Au risque de contrevenir aux Conventions de Genève

L’administration américaine a «soigneusement étudié» toutes les facettes du problème. Puis, son équipe de juristes est arrivée à une conclusion claire: les colonies établies par Israël dans les territoires palestiniens «ne sont pas contraires au droit international», a affirmé lundi le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. Cette décision était attendue depuis quelques jours. Elle n’en remet pas moins en question le jugement des juristes de la planète entière, et contredit l’avis affiché par les Etats-Unis eux-mêmes depuis quarante ans. Qu’à cela ne tienne: la colonisation israélienne, a estimé le secrétaire d’Etat, répond à «des faits, une histoire et des circonstances uniques». Washington ne devrait plus, par conséquent, s’y opposer, ne fût-ce que pour sauver les apparences.

La colonisation israélienne est considérée comme le principal obstacle à la création d’un Etat palestinien. Commencée en 1968, elle n’a cessé de s’amplifier au fil des années, au point que près de 700 000 colons sont aujourd’hui installés au-delà des frontières reconnues d’Israël, en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est. Transformant la Palestine en confettis, cette colonisation a été poursuivie peu ou prou par tous les gouvernements israéliens. Au vrai, un seul Etat important reconnaissait jusqu’ici la légalité de cette entreprise: Israël lui-même, pour qui le territoire palestinien n’est pas «occupé», mais «disputé», et qui se fonde sur la Bible pour y affirmer des droits millénaires.