La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a salué mercredi la «bravoure» dont font preuve selon elle les manifestants qui défient le pouvoir en Iran, tout en condamnant la répression dont fait usage le pouvoir contre ces mouvements de protestation.

«Les Etats-Unis continuent à être profondément préoccupés par la persécution dont sont victimes les citoyens iraniens, à la merci de leur gouvernement», a assuré Mme Clinton dans un communiqué.

«Ces dix derniers jours, nous avons été témoins de la bravoure de milliers d’Iraniens qui ont de nouveau manifesté dans la rue dans l’exercice de leurs droits fondamentaux au rassemblement pacifique et à la libre expression», a-t-elle ajouté.

«Le monde sait maintenant que l’Iran prive ses citoyens des mêmes droits fondamentaux qu’il continue à encourager dans d’autres pays du Moyen-Orient», s’est insurgée la chef de la diplomatie américaine.

Un peu plus tôt mercredi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’était indigné de la répression «inimaginable» en Libye, appelant les «dirigeants de tous les pays à tenir compte de la volonté de leur peuple».

La veille, la justice iranienne a averti qu’elle considérerait désormais comme des «contre-révolutionnaires» tous les partisans des deux chefs de l’opposition réformatrice, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

L’accusation de «contre-révolutionnaire» peut entraîner des condamnations sévères.

Ce raidissement du pouvoir à l’égard de l’opposition intervient après deux séries de manifestations antigouvernementales les 14 et 20 février à Téhéran et dans plusieurs autres villes d’Iran pour la première fois depuis un an.

Selon Hillary Clinton, la répression du mouvement de protestation en Iran ne s’arrête pas au harcèlement des chefs de l’opposition.

«Les forces de l’ordre ont tabassé, détenu et tué au moins trois manifestants pacifiques», s’est-elle indignée.