Immigration

Les Etats-Unis vont durcir les procédures de demande d’asile

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions a annoncé lundi que son pays allait limiter le droit d’asile, même pour les victimes de violences conjugales ou de violences de la part de gangs criminels

Les Etats-Unis vont durcir les procédures de demande d’asile afin de limiter le flux d’immigrants originaires d’Amérique centrale, a annoncé lundi 11 juin le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions. «Le statut de bénéficiaire d’asile n’a pas vocation à réparer tous les malheurs», a-t-il ajouté.

Les allégations de violences conjugales ou de violences de la part de gangs criminels ne seront ainsi plus suffisantes pour déposer une requête aux postes-frontières, a déclaré Jeff Sessions.

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S’exprimant sur la requête d’une Salvadorienne affirmant avoir été violée et battue par son époux pendant des années, il a rappelé que les demandeurs d’asile devaient prouver avoir été victimes de persécution en raison de leur nationalité, de leurs convictions politiques ou de leur appartenance à un groupe ethnique, religieux ou social. Ils peuvent aussi faire valoir une «peur crédible» pour leur vie.

«Tolérance zéro»

La définition de ces motifs ne peut pas être élargie ou être vague, a assuré Jeff Sessions. Il a rejeté une précédente décision, qui considérait les femmes mariées victimes de violences conjugales comme un groupe persécuté.

«Le simple fait qu’un pays puisse avoir des difficultés à empêcher certains crimes – comme les violences conjugales ou les violences de gangs – ou que certaines catégories de la population sont plus enclines à subir des violences ne peut justifier une demande d’asile», a estimé le ministre.

Cette déclaration intervient dans un contexte de lutte accrue de l’administration américaine contre l’immigration illégale à la frontière mexicaine, alors que le président américain Donald Trump a décrété une «tolérance zéro».

De nombreux ressortissants du Guatemala, du Honduras et du Salvador, familles et mineurs non accompagnés, se pressent à la frontière après avoir fui la violence endémique dans leur pays pour demander l’asile aux Etats-Unis. Plus tôt dans la journée, Jeff Sessions avait assuré que «la vaste majorité des demandes d’asile déposées actuellement ne sont pas valides», et que seules 20% d’entre elles étaient justifiées.

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