La situation se crispe à nouveau dans la crise autour de l’Ukraine. Ce mardi, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken s’est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov et l’a exhorté à choisir «la voie diplomatique» et à un retrait «immédiat» des troupes russes à la frontière ukrainienne.

[18h35] Boris Johnson juge «vital» que la Russie «recule et choisisse la voie de la diplomatie»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a jugé mardi à Kiev «vital» que Moscou «recule et choisisse la voie de la diplomatie», avertissant qu’une intervention militaire en Ukraine serait «un désastre pour la Russie et pour le monde».

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«Il est vital que la Russie recule et choisisse la voie de la diplomatie et je pense que c’est encore possible. Nous sommes prêts à dialoguer, bien sûr, mais les sanctions sont prêtes», a déclaré le dirigeant britannique lors d’une conférence de presse avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le Premier ministre britannique a également affirmé qu’il existait un «danger clair» et «imminent» d’intervention militaire russe en Ukraine. «C’est un danger clair et présent, nous voyons un grand nombre de soldats se masser, nous voyons des préparatifs pour toutes sortes d’opérations cohérentes avec une menace militaire imminente.»


[18h35] Poutine espère «une solution» dans la crise russo-occidentale autour de l’Ukraine

Vladimir Poutine a dit mardi espérer que l’Occident et la Russie trouvent «une solution» à leur crise, tout en accusant Washington d’utiliser l’Ukraine comme un instrument pour entraîner Moscou dans un «conflit armé».

«J’espère qu’au final nous trouverons une solution, même si ce n’est pas facile», a-t-il dit, après avoir estimé que «le principal objectif des Etats-Unis est l’endiguement de la Russie et (que) l’Ukraine est (leur) instrument pour nous entraîner dans un conflit armé, et nous frapper des sanctions les plus dures».

Le président russe n’a fait aucune mention des dizaines de milliers de soldats qu’il a déployés aux portes du territoire ukrainien depuis des semaines, et qui laisse penser au monde occidental qu’il prépare une nouvelle attaque contre son voisin après celle de 2014.

Vladimir Poutine a dépeint un scénario catastrophe, relevant que si l’Ukraine devenait membre de l’Otan, elle tenterait par la force de reconquérir la Crimée annexée par la Russie il y a huit ans. «Imaginez vous, l’Ukraine membre de l’Otan qui lancerait une opération militaire en Crimée, un territoire souverain russe», a-t-il dit, «et nous quoi ? On ferait la guerre à l’Otan?».

Vladimir Poutine a jugé en outre «clair» que les Etats-Unis et l’Otan ont choisi jusqu’ici d’ignorer les préoccupations de la Russie pour sa sécurité, au regard du rejet de ses exigences.

«Nous analysons les réponses écrites reçues des Etats-Unis et de l’Otan (...) mais il est déjà clair que les préoccupations de principe de la Russie ont été ignorées», a dit le président russe après sa rencontre avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban.


[16h35] Antony Blinken a exhorté Sergueï Lavrov à un retrait «immédiat» des troupes russes de la frontière ukrainienne

Mais un responsable américain a ensuite reconnu que Sergueï Lavrov n’avait fourni «aucune indication» d’un «changement dans les prochains jours» à la frontière russo-ukrainienne, où les Occidentaux accusent Moscou d’avoir massé plus de 100 000 soldats en vue d’une possible invasion du pays voisin.

Mais un responsable américain a ensuite reconnu que Sergueï Lavrov n’avait fourni «aucune indication» d’un «changement dans les prochains jours» à la frontière russo-ukrainienne, où les Occidentaux accusent Moscou d’avoir massé plus de 100 000 soldats en vue d’une possible invasion du pays voisin.

«Nous continuons d’entendre les assurances selon lesquelles la Russie n’a pas l’intention d’envahir, mais toutes les actions que nous voyons disent clairement l’inverse», a regretté ce responsable.

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[14h11] Mario Draghi demande une «désescalade» au cours d’un appel avec Poutine

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a appelé mardi le président russe Vladimir Poutine à une «désescalade» dans la crise ukrainienne lors d’une conversation téléphonique, selon un communiqué du gouvernement.

Mario Draghi «a souligné l’importance de s’engager en faveur d’une désescalade des tensions vu les graves conséquences qu’entraînerait une aggravation de la crise», selon ce communiqué de la présidence du Conseil.

Selon la partie italienne, les deux responsables «sont tombés d’accord sur un engagement commun vers une solution durable à la crise et l’exigence de reconstruire un climat de confiance».

Pour sa part, Vladimir Poutine a accusé les autorités ukrainiennes, lors de cet entretien téléphonique, d’éviter de «remplir leurs engagements, notamment en ce qui concerne les aspects politiques du règlement du conflit» avec des séparatistes armés pro-russes dans l’Est du pays, selon le Kremlin. Les deux dirigeants ont également «discuté en détail l’élaboration des garanties juridiques de sécurité» pour la Russie.


[11h55] Viktor Orban attendu à Moscou

Le premier ministre hongrois Viktor Orban est attendu ce mardi à Moscou, où il doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine, une visite critiquée par l’opposition hongroise en raison des tensions actuelles autour de l’Ukraine.

Les deux leaders s’entretiendront des «relations bilatérales», mais aussi des «problèmes de sécurité sur le continent européen», a indiqué ce matin le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Une conférence de presse avec les deux dirigeants est ensuite prévue vers 14 ou 15h (suisse), selon la même source.

Viktor Orban, qui a ses propres différends avec Kiev sur la question de la minorité hongroise d’Ukraine, avait indiqué avant son départ venir en Russie pour «accroître les importations de gaz», quand l’Europe réfléchit à réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes.

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[9h20] Frapper au portefeuille?

Les Etats-Unis comme le Royaume-Uni, qui est l’un des terrains d’investissement favoris des grandes fortunes russes, ont dit lundi soir vouloir taper au portefeuille le premier cercle du pouvoir russe et des proches du Kremlin.

Du côté de Londres, les oligarques russes risqueront le gel de leurs avoirs au Royaume-Uni et l’impossibilité d’entrer sur son territoire. Il serait également impossible pour une entreprise ou un individu au Royaume-Uni d’effectuer des transactions avec eux.


[7h50] Moscou «ne battra pas en retraite»

Moscou a affirmé mardi qu’il n’allait pas «battre en retraite» face aux menaces de sanctions de Washington en lien avec les tensions autour de l’Ukraine, donnant le ton avant un entretien téléphonique entre les ministres russe et américain des Affaires étrangères.

«C’est Washington, pas Moscou, qui alimente les tensions. Nous n’allons pas battre en retraite et nous tenir au garde-à-vous en écoutant les menaces de sanctions américaines», a déclaré l’ambassade russe à Washington sur sa page Facebook.


[7h20] Une discussion cruciale

Ce mardi donc, le Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken doit s’entretenir avec son homologue russe Sergueï Lavrov, pour décider de la suite à donner à une crise ukrainienne à haut risque.

Après des échanges écrits entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide, l’heure est de nouveau à la discussion orale, avec cet échange téléphonique crucial, note l’agence AFP.

Les Etats-Unis ont reçu une réponse écrite de la Russie à leur propre courrier de la semaine dernière sur la crise ukrainienne, a déclaré lundi un porte-parole de la diplomatie américaine, sans vouloir préciser la teneur de ce dernier échange épistolaire.


[7h00] Le précédent de l’Irak

Lors de la réunion du Conseil de sécurité qui s’est tenue lundi, l’ambassadeur de Russie aux Nations unies Vassily Nebenzia a accusé Washington de chercher à «créer l’hystérie» et à «tromper la communauté internationale» avec des «accusations infondées».

Il s’est fait un plaisir de renvoyer les Etats-Unis à l’un des chapitres les plus embarrassants de leur histoire diplomatique, l’invasion de l’Irak en 2003 sur la base d’accusations de la présence d’armes de destruction massive qui n’ont jamais été trouvées.

Son homologue américaine Linda Thomas-Greenfield a estimé de son côté que le déploiement de plus de 100 000 militaires russes autour de l’Ukraine menaçait «la sécurité internationale». Assurant détenir des «preuves», elle a accusé Moscou de vouloir déployer début février plus de 30 000 militaires supplémentaires au Bélarus, dont le régime est très proche du Kremlin.


Quelle est la raison de cette crise?

Moscou réclame que l’Otan ferme sa porte à tout nouveau pays membre venu d’Europe de l’Est et, en particulier, à l’Ukraine. Une demande jugée inacceptable par les Occidentaux, et notamment par Washington, car elle équivaudrait à reconnaître à la Russie une sphère d’influence réservée.

Lundi, au Conseil de sécurité de l’ONU, de vifs débats ont eu lieu entre la Russie et les Etats-Unis au sujet des troupes massées par Moscou à la frontière de l’Ukraine.

Les Occidentaux accusent les Russes d’avoir massé plus de 100 000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d’une possible invasion.

Le Kremlin assure de son côté ne pas avoir l’intention d’attaquer mais réclame des «garanties» formelles de sécurité: outre l’assurance juridique que l’Ukraine n’entrera jamais dans l’Otan, le retour aux déploiements militaires de l’Alliance atlantique à ses portes tels qu’ils étaient en 1997.


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