L’émissaire américain pour l’Afghanistan Zalmay Khalilzad, symbole de l’échec cuisant des Etats-Unis face aux talibans, quitte ses fonctions, a annoncé lundi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. Il est remplacé par son adjoint Thomas West, qui fut un conseiller de la Maison-Blanche quand Joe Biden était vice-président. Diplomate de carrière, Zalmay Khalilzad a été le représentant de Washington dans les pourparlers avec les talibans à Doha, qui ont débouché sur l’accord de février 2020 prévoyant le retrait des forces américaines et étrangères de ce pays.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu’ils ne participeraient pas aux pourparlers sur l’Afghanistan prévus mardi à Moscou et auxquels doivent prendre part la Russie, la Chine et le Pakistan. «Nous serons heureux de participer à ce forum à l’avenir, mais nous ne pouvons y prendre part cette semaine», a déclaré à la presse le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

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Ces rencontres «ont été efficaces dans le passé. Il nous est simplement difficile d’un point de vue logistique d’y prendre part cette semaine», a-t-il noté sans plus de précisions. La Russie accueillera le 20 octobre à Moscou une délégation des talibans. La veille, elle souhaitait arriver à une position commune sur le dossier afghan avec la Chine, le Pakistan et les Etats-Unis.

Vladimir Poutine inquiet

Le président russe Vladimir Poutine s’inquiète des ambitions du groupe Etat islamique en Afghanistan, craignant que toute la zone située sur le flanc sud de la Russie puisse être déstabilisée. L’Etat islamique – Khorasan (EI-K), le groupe islamiste armé le plus radical d’Afghanistan, a revendiqué récemment une série d’attentats destinés à déstabiliser «l’émirat» proclamé par les talibans.

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