Jane Lubchenco ne peut accélérer les décisions politiques, mais comme directrice de la National Oceanic and Atmospheric Administration depuis mars 2009, cette scientifique est une des conseillères écoutées de la Maison-Blanche sur le climat. «Le président Barack Obama prend l’enjeu très au sérieux, et je garde espoir que le Congrès votera le projet de loi sur le réchauffement climatique avant le sommet de Copenhague», a-t-elle déclaré mercredi en marge de la 3e Conférence mondiale sur le climat à Genève.

Le Sénat a annoncé lundi un retard dans l’examen du projet, qui pourrait ne pas être sous toit avant le sommet de Copenhague en décembre. L’UE exhorte les Etats-Unis à faire vite, craignant aussi qu’ils n’affaiblissent le projet. Celui-ci fixe un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 4% en 2020 par rapport au niveau de 1990, alors que le but européen est une réduction de 20%.

Rythme accéléré en Alaska

Prudente sur les enjeux politiques, Jane Lubchenco est plus directe sur son appréciation de la situation: «Il est urgent de réduire les émissions aussi rapidement que possible et de s’adapter aux conséquences du réchauffement», a-t-elle répété à plusieurs reprises. Spécialiste des écosystèmes marins, elle était la semaine dernière en Alaska, «où le rythme de changement est deux fois plus élevé que dans le reste du monde. Les conséquences sont visibles et frappantes.» Elle se rallie aux conclusions du dernier rapport (2007) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et ajoute que les données recueillies depuis, sur le niveau des mers par exemple, montrent plutôt une accélération des changements.

La prise de conscience aux Etats-Unis s’accélère aussi, estime-t-elle, suite au travail de mobilisation de groupes citoyens et d’autorités régionales. Les impacts locaux sont aussi plus visibles. Une brochure officielle récente montre ainsi qu’entre 1958 et 2007, la fréquence des fortes précipitations a augmenté de 67% au nord-est des Etats-Unis.