Dans un important discours de politique étrangère devant 1500 invités, le président américain Barack Obama a affirmé samedi à Tokyo, à propos du dossier nucléaire de la Corée du Nord, que les Etats-Unis ne seraient pas «intimidés par les menaces», tout en proposant au régime nord-coréen d’emprunter «une autre voie». «Les Etats-Unis sont prêts à offrir à la Corée du Nord un avenir différent (..) un avenir d’intégration internationale (..) d’opportunités économiques (..) de plus grande sécurité et de respect», a-t-il dit, à condition que les Nord-Coréens reprennent les négociations à six (Etats-Unis, deux Corées, Chine, Russie, Japon) sur l’arrêt de leur programme nucléaire.

Barack Obama a rappelé que son intérêt pour l’Asie-Pacifique remontait à son enfance à Hawaï et en Indonésie, avant d’évoquer la Chine, autre grande puissance de la région, qu’il a tenté de rassurer sur les intentions américaines.

Le président américain Barack Obama a quitté Tokyo samedi à destination de Singapour où il doit participer au sommet du Forum économique de l’Asie-Pacifique (Apec). Le chef de la Maison Blanche a décidé d’avancer son départ, afin de pouvoir rejoindre à temps les autres dirigeants de la région dans la soirée.

Lors de son séjour de 24 heures au Japon, M. Obama a eu des entretiens avec le nouveau Premier ministre de centre-gauche, Yukio Hatoyama. Après Singapour, il se rendra dimanche soir en Chine pour une visite de trois jours et achèvera sa tournée asiatique par une étape en Corée du Sud.

«Les Etats-Unis ne cherchent pas à contenir la Chine, et une relation approfondie avec la Chine ne signifie pas un affaiblissement de nos alliances bilatérales», a-t-il dit samedi à Tokyo. «Au contraire, l’émergence d’une Chine puissante, prospère peut être une force pour la communauté des nations». A la veille de son arrivée en Chine pour trois jours, M. Obama a indiqué qu’il n’éviterait pas la question des droits de l’homme, bien qu’il n’ait pas évoqué directement le Tibet, une question ultrasensible pour Pékin. «Les Etats-Unis n’hésiteront jamais à défendre les valeurs fondamentales que nous chérissons tous -- et cela inclut le respect pour la religion et la culture de tous les peuples», a-t-il déclaré, tout en promettant de le faire «dans un esprit de partenariat, plutôt que de rancœur».